Jbid., IV, i
i. Gaspard- Honoré de Coriolis, né en 1735, dans le diocèse d'Aix, avait été jésuite. A la dispersion de la Compagnie, il avait été dix ans vicaire général de Vienne, puis de.i'j'jti à 1790, conseiller-clerc au Parlement d'Aix. Retiré à Paris lors de la suppression des Parlements, il y exerçait la profession d'avocat et d'agent d'affaires; son domicile était rue Feydeau, n* a3â. Il y a^aux Archives Nationales {V ^054) un dossier assez important concernant les persécutions qu'il subît comme noble en 179^. En
a4 OPPOSITIOTf DES GOIfSTlTUTIONNELS
De même que les prêtres insermentés n'étaient pas unanimes pour accepter le nouvel état de choses, l'opposition au régime consulaire trouvait aussi des partisans parmi les constitutionnels, non pas les politiques, prêts h acclamer tout pouvoir qui les servirait, mais parmi les convaincus qui, conséquents avec leurs principes, regrettaient la vraie république. Le curé de Saint-Médard, Augustin Bailliet, prononça plusieurs discours où il montrait son hostilité pour le Premier Consul : « Vanité des vanités I Que de larmes as- tu fait « répandre au bon roi David et à son peuple î Mes « Frères, voyez cet ambitieux entouré de flatteurs, qui « se propose d'envahir la puissance suprême ! Au mo- « ment où il croira toucher au but de ses désirs, il <( sera terrassé par une puissance invisible qui le fera <( rentrer dans la poussière *. »
Des dissensions assez violentes se produisirent quand il fut question de remettre le clergé en possession de certaines églises, en particulier de Saint-Laurent et de Saint-François. Les constitutionnels sentaient chaque jour le terrain céder sous leur pieds et ne s'y
i8oi, quand Téglise des Invalides, momentanément transformée en (( Temple de Mars », fut rendue au culte, M. de Coriolis eh fut le premier chapelain ; il avait le titre d*aumônier en chef en i8o3, quand il fut nommé chanoine honoraire de Noire-Dame. Le 20 février 1806, M. de Coriolis fut nommé chanoine titulaire ; c'est lui qui reconstitua la bibliothèque du Chapitre, en se faisant autoriser à puiser dans les dépôts où étaient entassés les livres provenant des couvents. M. de Coriolis fut secrétaire du Chapitre de r8o8 à 1821 et maître des cérémonies de 1811 jusqu'à sa mort(i/| mai 1824).
I. Arch. ]Vat., F'' 8701. Rapport du Ministre de la police, itt ventôse an X.
OPPOSITION DBS C0JISTlTUn05NELS 25
résignaient pas facilement. Se prévalant du titre qu'ils ayaient pris de a prêtres soumis aux lois », ils revendiquaient les édifices religieux qui étaient rendus au culte, et essayèrent d'obtenir que les municipalités se constitueraient arbitres dans les différends qu'ils avaient avec les insermentés. Leur idée fixe était de se faire reconnaître par les autorités comme les ministres oflRciels du culte national. Par là, ils espéraient amener indirectement l'Ëtat à sortir de la neutralité confessionnelle, mais il n*y avait plus de culte national. Les maires des arrondissements comprirent qu'on leur tendait un piège, et, conftme dit le Bureau Central, dans son rapport de pluviôse, ils eurent le bon esprit de ne point intervenir dans ces conflits *.
Les journaux étaient loin d'imiter cette réserve : la Décade philosophique, organe des membres de l'Institut, c'est-à-dire du parti le plus hostile à la religion, ne cessait de publier les articles les plus haineux. VAmi des lois écrivait de son côté le i3 nivôse : « On « veut bien des prêtres quand le Gouvernement n'en « veut pas ; actuellement, il les tolère, et vous verrez « qu'on va les laisser à la canaille et aux paysans, qui « s'en dégoûteront à leur tour quand il faudra les « payer. Vous verrez que ces prêtres vont reprendre « leurs prétentions, leurs vues cupides ou ambitieuses. « Vous verrez qu'après avoir été injustement persécu- « tés, ils vont injustement persécuter... Qui sait s'ils « ne porteront pas leurs prétentions plus loin ? On dit « qu'ils se proposent de demander que la religion du