B. IV
GAPBA&A A LA MALMAiSOlK Q^^
la Révolutioa professé les opinions les plus modérées, Portalis n'avait jamais renié ses coavictions chrétiennes, mais il restait malgré cela pénétré des préjugés gallicans ; il était hors d'état de comprendre en quoi les constitutionnels pouvaient être coupables, et c'est pour cela que, chargé de conduire toutes les négociations qui vont suivi-e, il ne cessera de contrecarrer le Légat tout en ayant la ferme intention de servir l'Église. Tout le mois d'octobre se passa à des discussions sans grand intérêt, mais le jour de la Toussaint, le Cardinal eut à subir un de ces assauts furieux comme Bonaparte seul savait en donner. Portails était venu le prendre pour le conduire à la Malmaison où se trouvait le Premier Consul. Tout d'abord, il s'entendit reprocher durement les retards apportés à la publication du Concordat; on ne pouvait terminer la bulle de délimitation parce que les évêques réfugiés en Allemagne n'avaient pas encore répondu, mais pourquoi ne répondaient-ils pas } C'est qu'on n'avait pas pris les mesures nécessaires pour leur faire tenir le bref en temps utile : c'était négligence et incurie ! En supposant même qu'on eût la bulle, à quoi servirait-elle si le Légat manquait de pouvoirs pour instituer les évêques : ces pouvoirs, il fallait qu'il les reçut par le retour d'un courrier qui allait être envoyé immédiatement à Rome. Quant aux désignations de personnes, le Premier Consul n'entendait pas les soumettre à l'agrément du Pape et encore moins à celui du Légat : le Concordat lui donnait le droit de présentation et il avait la volonté d'en user : et, déployant alors une érudition canonique bien inattendue, il essaya de