LE PAPE ET LES CONSTITUTIONNELS
des lettres patentes, dont on lui envoyait la formule. La préconisation serait faite dans le plus prochain consistoire et les élus auraient un délai de six mois pour solliciter l'expédition de leurs bulles ^
Tout l'effort de résistance fut concentré sur la question des constitutionnels. Désavouer la condamnation dont les avait frappés Pie VI était impossible : il y avait là un fait d'ordre dogmatique et une sentence irréformable. De ce qu'ils étaient toujours à l'état de révolte plus ou moins ou ver le, ou tout au moins d'hostilité sournoise, ils n'eu étaient que plus suspects, et, plutôt que de les agréer comme évêques, le Pape se montrait disposé à renoncer à la satisfaction de réinvestir les plus méritants des évêques de l'Ancien Régime. Aucun argument n'est négligé pour amener le Gouvernement français à comprendre que son intérêt bien en tendu lui fait une loi de se séparer de ces protégés compromettants ; si les anciens évêques hésitent à démissionner, c'est qu'ils redoutent qu'à leur place on nomme des constitutionnels ; donnez leur l'assurance qu'il n'en sera rien et ils se soumettront : -ainsi sera écarté le danger d'une nouveau schisme d'autant plus inquiétant que ceux qui s'y jetteront jouissent d'une plus grande réputation personnelle et ont ainsi plus d'influence sur les populations 2.
Malgré tout, le mémoire présenté au nom du Pape ne concluait pas absolument à une fin de non recevoir.
I. Consalvi à Cacault, 3o novembre (B. IV, Sao). i. Consalvi à Caprara, h novenabre (B- IV, aSG); Mémoire de Mgr Di Pietro pour le Légat (Rtnieri, op. cit.^ ^^b-M).