GRÉGOIRE ÉLU SÉ?(ATEUR
conflit qui maintenant était inévitable : Topposition avait trouvé sa plate-forme et ne resterait plus en route : ce n'est plus aux alTaires religieuses que son hostilité se limitait. Le Code Civil, élaboré en Conseil d'Ëtat. avait été présenté aux Chambres titre par titre» chacun d'eux fori^dant un projet de loi distinct : le Tribunat, puis le Corps Législatif rejetèrent à une forte majorité ceux qui lui furent soumis et le Gouvernement, pour éviter le même sort aux autres, dut les retirer. C'était une grève parlementaire et le Premier Consul, y répondant par un lock-out, coupait court à lactivité des législateurs en leur enlevant toute matière à délibérations.
Le 25 décembre, le Sénat, gagné par l'esprit d'opposition, fit à son tour la leçon au Premier Consul : une vacance s'était produite dans ses rangs : trois candidats, lui étaient présentés, par le Tribunat, par le Corps. Législatif et par les Consuls : Bonaparte avait mis en avant le nom d'un général ; le Sénat élut le candidat, du Corps Législatif qui n'était autre que. Grégoire,, l'ennemi déclaré du Concordat, et sur son nom le Sénat manifestait son hostilité pour l'arrangement avec Rome. Et ce n'était pas tout : on annonçait que le prochain siège serait attribué à Daunou, adversaire du Concordat et ennemi personnel de Bonaparte*. Dès lors, Grégoire était jugé par le Premier Consul : il s'était fait l'instrument de ses adversaires, il était définitivement rangé parmi les bavards malfaisants, qu'il qualifiait d' « idéologues o.