‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 160 sur 286 · ÉPURATION DES CHAMBRES · texte numérisé non relu

ÉPURATION DES CHAMBRES

La Consulta italienne était assemblée à Lyon, mais Bonaparte jugea que c'était à Paris que sa présence était surtout nécessaire ; il laissa à Talleyrand le soin d'en ouvrir les séances, sauf à y faire ensuite une courte apparition, et s'occfipa avant tout de triompher d'une coalition qui, faisant du Concordat un prétexte, menaçait de s'en prendre à ses propres pouvoirs et de mettre fin à sa puissance dictatoriale. La constitution prévoyait que le Tribunat et le Corps Législatif seraient renouvelés par cinquièmes, mais il n'était dit ni quand, ni comment se ferait ce renouvellement. S'étant assuré du concours du Sénat, Bonaparte fit décider par cette assemblée que le remplacement de 20 tribuns et de Go législateurs se ferait immédiatement et que le Sénat désignerait par un scrutin les membres qui sortiraient et ceux qui leur seraient substitués ^ Parla l'opposition était décapitée : ses 80 membres les plus militants allaient être rendus à la vie privée et les autres étaient avertis que s'ils faisaient mine de broncher, ils se désignaient d'eux-mêmes au scrutin épura toire de l'année suivante. L'çbscurité de la constitution, qui n'avait pas été absolument fortuite, ne permettait aucun recours contre une telle mesure. Le Sénat l'adopta par ^4 voix contre i5 et l'exécution se fit sans tarder 2. L'agitation un moment inquiétante se calma dès qu'on sentit que le Gouvernement était le plus fort: Ginguené, Chazal, Thiessé, Garât furent éliminés; les Chambres étaient alors prêtes à voter la loi approuvant le Concordat.

Page 1