‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 163 sur 286 · G LES NOUVEAUX ÉVÊQUES · texte numérisé non relu

G LES NOUVEAUX ÉVÊQUES

d'entre eux, sacrés depuis la suppression de la constitution civile, ne devaient leurs sièges qu'à des élections aibitraires, étrangères au vœu du peuple. « La Loi <( ne doit rien à des hommes dont l'élection ne peut « être avouée par la Loi », et, en effet, dans la liste de cinquante noms jointe au mémoire, il n'y a aucun constitutionnel.

Cette liste n'était pas la seule : depuis six mois, on en dressait chaque jour une nouvelle et dans l'entourage du Premier Consul c'était un fourmillement de gens qui avaient quelqu'un à recommander. Tout homme en place, ministre, sénateur ou préfet, qui avait un oncle, un frère ou un cousin dans l'Église, se démenait pour le faire arriver à l'épiscopat; les généraux poussaient leurs parents et, s'ils n'en avaient pas, ceux de leurs aides-de-camp. 11 n'y a que les influences féminines qui fassent défaut, ou du moins je n'en ai pas trouvé la trace ^

Le Premier Consul avait dit que sa liste contiendrait plusieurs constitutionnels; il n'en parlait plus, mais il y pensait toujours. Le i5 mars, il rompit le silence : dans une note dictée à Bourienne, il trace le tableau du futur épiscopat^ comme s'il se fût agi d'un plan de campagne * : tout d'abord, les quatre nominations

1. 11 n'y avait pas jusqu'au Préfet de Police Dubois qui n*eut son candidat : le chanoine Dubois, de Mons. En fait de chanoine Dubois je ne connais que Philémon Dubois, ne à Mons en 1725. chanoine de l'ordre des Genovefains, qui de 1778 à 1798 avait été curé de Saint Médard à Paris et avait apostasie dans les circonstances scandaleuses que j'ai racontées. Le protégé aurait été digne du protecteur !

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