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LES NOUVEAUX ÉVÊQUES

« adoptées » c'est-à-dire celles qui étaient décidées en principe : Bernier et Pancemont, qui avaient la mître comme honoraires de leur participation au Concordat, le frère de Gambacérès et celui de GafTarelli. Bonaparte avait bien un oncle qui avait été chanoine à Ajaccio. mais, en mars 1802, il semble en avoir oublié l'existence et c'était peut-être ce qu'il avait de mieux à faire, car l'oncle Fesch, devenu constitutionnel, puis défroqué, n'était pas encore entré dans la voie du repentir qui devait le conduire à l'archevêché de Lyon et au cardinalat. Après les quatre noms dont j'ai parlé, venaient 3o évêques. 18 de l'Ancien Régime et 12 constitutionnels : les 16 places restantes devaient être attribuées à des ecclésiastiques du second ordre, pris par moitié dans chacun des deux partis. Il y aurait donc 30 constitutionnels pour cinquante nominations.

Cinq jours après, le nombre des diocèses a été porté à 60 : le Premier Consul réserve aux constitutionnels 24 places dont 4 archevêchés ^ Les évêques sont nommément désignés, les ptêtres seront pris dans des tableaux dressés par ses ordres 2 et qui renferment les dossiers de 99 candidats : les 3o évêques, les 4 « adoptés )), 10 prêtres indiqués par Bernier comme convenant pour Jes départements de l'Ouest, 11 noms d'Allemands ou de Belges à placer dans les départements réunis et 44 « divers ». Ces dossiers établis à la hâte, sont très sommaires, le plus souvent limités à des

a. Arch. Nat., AF, IV, lo/iA.

a68 RÉSISTANCES DE CAPRARA

indications banales ou inexactes ; ils ne sont curieux que pour les notices et appréciations que quelques-uns contiennent : c'est Dernier qui les avait rédigées et celle qui concerne Dernier lui-même ne manque pas de saveur^.

Tout cela se passait derrière le dos du Légat, qui ne soupçonnait rien ; il n'avait que des données assez vagues lorsqu'il se rendit le i5 mars chez le Premier Consul, qui ne lui fit aucune confidence : « Je ne dis pas que je veux nommer des constitutionnels, mais je n'entends pas m'engager A n'en pas nommer 2. »

Caprara restait donc avec son optimisme ; il se croyait fort avancé dans les bonnes grâces du Premier Consul parce qu'il avait été invité à bénir le mariage de son frère Louis avec Hortense de Beauharnais et celui de Murât avec Caroline Bonaparte 3. De plus, sur la demande du général, nommé président de la République italienne, le Pape avait consenti à transférer le Légat de son évêché d'Iesi à la métropole de Milan*. Aveuglé peut-être par ces marques de bienveillance, le cardinal ne s'était pas assez demandé si toutes ces amabilités ne cachaient pas quelque mauvais dessein ; ses dépêches du 2 avril ^ nous montrent combien il eut à s'en repentir.

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