‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 165 sur 286 · Caprara à Consalvi, 4 avril (B. V · texte numérisé non relu

Caprara à Consalvi, 4 avril (B. V

RÉSISTANCES DE GAPRARA. 269

Un premier piège lui avait été tendu et il fut bien près de s'y laisser prendre ; la paix ayec l'Angleterre avait été signée le 26 mars; le 27, Partalis et Dernier vinrent le prier de présider le Te Deam qui serait chanté à Notre-Dame le lendemain, dimanche de Lu?tare. Le Premier Consul voulait que dans cette cérémonie les membres des deux clergé» fussent réunis, scellant dans un même mouvement d'enthousiasme patriotique leur définitive réconciliation. Si habilement que le projet fut présenté, le Légat comprit qu'on essayait de le mettre en face d'un fait accompli ; toute distinction entre assermentés et non-iassermentés tomberait s'ils officiaient ensemble, mais Caprara ne pouvait eublier qu'en communiquant in divinis avec les constitutionnels sans y être autorisé, il encourait ipso facto une suspense dont le Pape seul pouvait le relever. Cependant Portalis lui présenta avec une chaleur si persuasive l'urgence qu'il y avait à se prêter aux désirs du Gouvernement que le Cardinal fut un moment ébranlé ; il eut peur d'irriter Bonaparte en refusant de s'associer à une fête religieuse à laquelle tous les corps de l'Ëtat devaient assister ; il s'imagina un moment qu'il paralyserait ainsi la marche de toute la négociation ; et, sans accepter formellement, il promit pour le soir une réponse définitive. Les envoyés du Premier Consul étaient à peine partis que Bernier, qui n'avait rien dit pendant tout l'entretien, revint et fit sentir au Cardinal les conséquences d'une imprudente concession ; il lui dicta presque une lettre fort adroite dans laquelle il mettait pouf condition à sa présence l'absence des délégués du clergé constitution-

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