LE CONCORDAT EST VOTE
qui se vil tout d'un coup pris à la gorge ; sans pouvoir se défendre, il se laissa arracher des concessions imprudentes et nous allons voir que dans la voie où il s'était engagé, il ne lui serait plus possible de reculer, ni même de s'arrêter.
Après le remaniement que les Chambres avaient sub\s, le vote de la loi qui approuvait le Concordat n'était plus qu'une simple formalité. Portalis avait rédigé ud interminable rapport servant d'exposé des motifs à la loi qui promulguait à la fois le Concordat, les articles organiques concernant le culte catholique et ceux qui réglaient l'exercice du culte protestant. Le i5 germinal (5 avril) il en donna lecture et prononça un discours qui ne dura pas moins dé deux heures*. Les Annales de la Religion prétendirent que Portalis avait parlé plutôt comme un prêtre que comme un homme d'Etat 2, mais d'autres trouvèrent au contraire que le langage du Directeur des Cultes était plus celui d'un pliilosophe que celui d'un chrétien. Il avait parlé de la constitution civile et des constitutionnels aveo une manifeste sympathie : c'est ce qui explique la différence des appréciations.
Le 17 germinal (7 avril), Siméon fît au Tribunat un rapport favorable 3 et, par 78 voix contre 7, le projet fut approuvé. Les orateurs chargés de soutenir les conclusions du Tribunat devant le Corps Législatif furent Lucien Bonaparte et M. de Jaucourt ; ce dernier, en
a. Annales de la Religion^ XIV, 287.