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LE CONCORDAT EST VOTÉ

qualité de protestant, rapporta la partie qui concernait les Luthériens et les Calvinistes^.

Le 18 germinal (8 avril), le Corps Législatif, sans discussion, vota la loi par aa8 voix contre 2 1, et il y eut 5i abstentions^.

Dès lors, la loi approuvant le Concordat était acceptée, et si, dans un délai de dix jours, le Sénat ne l'arrêtait pas comme inconstitutionnelle, elle devenait définitive et pouvait être publiée selon les formes établies par la constitution. Or, le dixième jour après le 18 germinal correspondait au 18 avril, qui, cette année-là, était le jour de Pâques. On s*était arrangé pour faire coïncider les fêtes de la Résurrection du Sauveur avec celles de la résurrection de TËglise de France.

Le 9 avril, lendemain du vote, le Cardinal avait fait son entrée solennelle : il fût convenu que tout d'abord il irait prier à la cathédrale, mais le culte constitutionnel s'y exerçait encore et il dut s'abstenir de cet acte religieux ; la cérémonie fut donc purement civile.

Ce jour-là, on vit défiler un long cortège qui suivit le Boulevard des Invalides, la rue de Grenelle, la rue de Bourgogne, le Pont de la Concorde, longea le quai jusqu'au Carrousel. Il était encadré de cavaliers de la Garde Consulaire ^ ; en tête, dans la voiture à six chevaux envoyée par le Premier Consul, le Légat, en grand

a. B. V, /ia7 n.

3. Relation d'Erskine, 9 avril (B. VI, 177);— Rinieri, op. cit., lib'i.

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habit cardinalice ; à ses côtés, le Préfet du Palais, ce qui, paraît-îl, était une énorme faute d'étiquette^ comme on en commettait beaucoup dans cette cour un peu novice, plus entichée de ses prérogatives que renseignée sur les convenances et les traditions. Dans sept autres carrosses suivait le personnel italien et français de la Légation *.

Le Légat avait espéré qu'on le dispenserait du serment d'usage, mais il se trompait : Portails était trop nourri des prétentions gallicanes pour laisser échapper une occasion de faire sentir au Légat qu'il n'avait en France qu'un pouvoir essentiellement limité. Non seulement Gaprara dût prêter ce serment, mais il eut la surprise de trouver imprimée dans le Moniteur une formule toute différente de celle qu'on lui avait fait lire '^.

Quoi qu'il en soit de cette substitution, elle fut sans conséquence : les réserves qu'on avait mises à l'exercice de sa mission étaient d'ailleurs trop nombreuses pour qu'on les prît bien au sérieux : ainsi, par exemple, il n'aurait dû publier aucune décision avant qu'elle fût

1 . Aux Secrétaires italiens amenés de Rome, le cardinal avait adjoint quelques ecclésiastiques français ; ceux qui étaient en fonctions en 1802 étaient MM. Lesure, qui fut plus tard vicaire général de Rennes, de Gand et de Rouen ; Lucotte, qui fut chanoine de Paris de 1820 à i836 et Jarry, qu'allait remplacer M. Desjardins, futur vicaire général de Paris.

Mgr Erskine, qui avait quitté Londres au mois de décembre et se trouvait encore à Paris, accompagnait le Légat ; il avait avec lui son Secrétaire, Mgr Walsli, prélat anglais qui était chanoine de Saint-Pierre-de-Rome, et qui, dans cette circonstance, remplit l'office de « maître de chambre ».

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