M»"" DE BELLOY
revêtue du visa du Gouvernement ; cette clause était
irréalisable et demeura lettre morte, ainsi que plusieurs autres.
Le 8 avril commença Tinslitution des évêques et la première de toutes les nominations fut celle de l'archevêque de Paris. Ce n'était aucun de ceux dont on avait parlé, ce n'était pas non plus le constitutionnel Primat que sa coterie voulait faire transférer de Lyon à Paris. L'élu fut le vénérable évêque de Marseille, Mgr de Belloy, doyen de l'épiscopat français et peutêtre de celui du monde entier, car il avait plus de 92 ans, étant né le 17 octobre 1709 *.
Mgr de Belloy était un des rares évêques français qui n'avaient pas émigré : retiré après les journées de septembre dans une propriété de famille aux environs de Beauvais, il avait passé inaperçu pendant la Terreur, défendu par la respectueuse et discrète affection des villageois delà région. En 1796, il s'était remis en communication avec son diocèse, qu'il dirigeait de loin, mais non sans fermeté ; un de ses vicaires généraux, M. Reimonet, ayant pris sur lui d'interdire la promesse de fidélité à la constitution, il lui avait immédiatement fait savoir qu'il lui retirait ses pouvoirs. Ce n'était pas un intransigeant, et c'est même un peu pour cela qu'il avait été choisi. On lui adjoignait Bernier, décidément nommé à l'évêché d'Orléans, mais qui, sans être officiellement coadjuleur, allait recevoir
I. Arrêté consulaire nommant Je citoyen Debelloi à l'archevêché de Paris (B. V, /i6o).