Caprara à Bernier, i5 avril (B. V, /igo-^gi
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timents, vous recevrez Tordre de quitter la France sans délai et tout sera rompu ».
Si peu réalisables que fussent de telles menaces, elles eurent sur le cardinal l'elTet que Porlalis avait prévu et le lendemain matin (c'était le Vendredi-Saint), les angoisses d'une nuit sans sommeil l'avaient ébranlé. Bernier arriva dès la première heure : « Eminence, ditil, il dépend de vous que la France reste schismatique ou redevienne catholique ; pour cela vous n'avez qu'un mot à dire. Tout est prêt pour la cérémonie de Pâques et il dépend de vous que toutes nos espérances s'en aillent en fumée ».
Le Cardinal courba la tête et répondit qu'il se contenterait de la lettre de soumission rédigée par les constitutionnels et que s'ils la signaient, il leur accorderait l'institution. Bernier était d'ailleurs prêt à se charger de tout ; il se faisait fort, aussitôt terminées les informations canoniques, de faire recevoir par les sept évêques le bref d'absolution et d'en rapporter l'acceptation. Caprara, brisé par les émotions, fut heureux d'entrevoir cette issue et s'y jeta tête baissée. Bernier prendrait avec lui M. de Pancemont, et, à eux deux, ils aplaniraient toutes les difficultés ^
En effet, vers le soir, Bernier rapportait au Légat les informations canoniques, où était affirmé le sentiment de repentir des constitutionnels; ils avaient souscrit la profession de foi et une attestation délivrée par Bernier établissait que chacun d'eux avait reçu avec respect le bref d'absolution pour les censures encou-