LETTRE DE DÉMISSION DE ROYER
Il est certain que, depuis quelques semaines, il était beaucoup parlé d'une réconciliation entre les prêtres insermentés et les constitutionnels. Ce qui avait servi de point de départ à tous ces propos était une lettre que Royer avait adressée le 9 nivôse au Premier Consul. Nous allons avoir h nous arrêter un moment sur cette affaire, bien qu'elle n'ait pas eu toute l'importance qu'on lui a attribuée.
Citoyen Premier Coîssul,
Tous les Français souinrent après le retour de la paix et vos vœux les plus ardents sont de la rappeler promptement parmi nous. Je viens, citoyen Premier Consul, offrir un moyen que je crois propre à rapprocher tous les esprits et à éteindre tous les germes de division dans cette grande commune (Paris).
Vous nlgnorez pas, citoyen Premier Consul, les troubles qu'ont fait naître en France le refus et la prestation du serment exigé en 1790 des ministres du culte catholique. Tous les évéques qui furciit alors élevés sur les sièges que la Lot déclaraient vacants annoncèrent qu'ils n'accepteraient les places que pour ne point laisser les fidèles sans pasteurs, et que si jamais les circonstances permettaient à ceux qu'ils remplaçaient de reprendre l'exercice de leurs fonctions, ils s'empresseraient de leur rendre le poste qu'ils venaient d'occuper.
Le vœu du clergé constitutionnel fut unanime et il a été de nouveau exprimé solennellement Tan V par le concile nationaf, dans son plan de pacification.
Je viens, citoyen Premier Consul, le réitérer en mon nom. La place que j'occupe a été illustrée par les vertus
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d*un homme vraiment pacifique, que la violence força de s*expatrier. Rappeler le citoyen de Juigné, ce serait remplir de joie les citoyens de Paris, que son exil afflige amèrement, et je regarderai comme le plus beau jour de ma vie celui où, après avoir servi de tous mes moyens la Religion et ma Patrie, je verrais reparaître le pasteur vénérable qui, n'en doutez pas, citoyen Consul, pénétré de la plus vive reconnaissance, se consacrera tout entier au bonheur de la Patrie et bénira sans cesse le Dieu qui vous a délivré de tant de dangers, afin que vous puissiez vous-même nous arracher au joug de la plus dure comme de la plus humiliante servitude.
Agréez, citoyen Premier Consul, Thommage de mon profond respect.
J.-R. Rover,
Évêque métropolitain de Paris *.
Que faut-il penser de cette démarche ? A première vue, on est tenté de rendre hommage aux sentiments qui paraissent l'avoir inspirée. En tout cas, on y trouve des aveux significatifs et qui sont bons à retenir. D'après les propres expressions de Royer, M. de Juigné a été contraint par la violence à s'expatrier ; le rappel du vénérable pasteur remplirait de joie les citoyens de Paris que son exil afflige amèrement et son successeur intrus se dit prêt à se retirer pour lui rendre son siège.
L'abbé de Boulogne, en publiant la lettre dans ses Annales, y joint quelques réflexions qui en diminuent singulièrement le mérite. Il rappelle qu'aussitôt élu