‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 184 sur 286 · LA. LIBERTÉ RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

LA. LIBERTÉ RELIGIEUSE

réouverture timide et à demi-clandestine qui entrebaillait les portes et ne laissait pénétrer que sur un mot de passe, mais la réouverture à deux battants, cloches sonnantes, la réouverture pour tout le monde. La liberté de rÉglise était le symbole d'une liberté garantie à tous.

Oui I Un symbole, présage des réalités qui allaient bientôt se perdre dans le plus sombre des brouillards ! Présage d'une liberté qui ne devait briller qu'un jour et que le sabre allait obliger de nouveau à se cacher dans une obscure retraite ! Dix ans encore et on verrait, dans cette même basilique de Notre-Dame, un nouvel intrus s'introniser, se disant lui aussi protégé par les lois et par l'Empereur ! Les prêtres fidèles connaîtront encore les rigueurs de la caplîNTté et de l'exil ! Le Pape, comme son prédécesseur, sera enlevé de son palais et traîné de prison en prison, circonvenu par des traîtres qui chercheront à lui dérober son honneur !

. Mais, en ce jour de Pâques 1802, ces nuages menaçants n'obscurcissaient pas encore le ciel, qui apparaissait à tous radieux comme si le printemps avait dû être éternel. On croyait la France rendue à Dieu et pour toujours : c'est pour cela que cette journée, malgré ses odieux lendemains, reste comme une des plus belles de toute notre histoire.

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