GRACES DIVERSES
sur la France depuis 1789 et qui en 1798 était devenu une véritable tempête, avait déchaîné une effroyable licence des mœurs, et la loi civile, s'inspirant de principes subversifs, ne s'était pas fait de scrupules pour sanctionner des unions considérées jusque-là et considérées depuis comme de véritables incestes. On trouve dans les Archives de la Légation un nombre incroyable de suppliques adressées par des gens qui, voulant faire bénir par l'Église un mariage remontant à plusieurs années, se trouvaient dans un cas d'empêchement canonique, par exemple des beaux-pères ayant épousé leur belle-fille, ou des beaux-fils ayant épousé leur belle-mère. En dehors de quelques cas tout à fait exceptionnels, la dispense était généralement refusée. Elle Tétait également aux beaux-frères qui voulaient épouser Idur belle-sœur ; ce genre d'unions,, qui aujourd'hui est à peu près entré dans nos mœurs, était alors réprouvé par la loi civile et par l'opinion autant que par la loi de l'Kglise.
Les concessions accordées par le Légat pour bénir les objets de dévotion nous procurent le moyen de soulever un coin du voile sous lequel l'activité des bons prêtres se dissimulait timidement. Il ne faisait pas bon, au temps du Consulat, et même sous l'Empire, de faire trop d'apostolat, de prêcher des retraites, de donner des missions, en un mot d'essayer de réveiller la foi et de ramener les fidèles aux pratiques religieuses. Le prêtre, comme le concevait alors l'administration civile, devait se renfermer dans sa sacristie et Y attendre qu'on vint recourir à son ministère ; il ne