GRACES DIVERSES 29O
devait visiter les malades que s'il en était formellement requis et ne pouvait convertir d'autres pécheurs que ceux qui venaient spontanément le trouver : faire la chasse aux âmes, courir après la brebis égarée était considéré comme la marque d'un « esprit d'intrigue » ou tout au moins d'un zèle intempestif.
C'est pour cela qu'on est heureusement surpris en voyant dans les papiers du Cardinal combien nombreux étaient les curés, vicaires ou aumôniers qui demandaient des pouvoirs extraordinaires leur permettant de faire plus de bien, d'atteindre plus d'âmes et de les atteindre plus profondément. Un ancien Dominicain rétablissait une confrérie du Rosaire, un Carme propageait le scapulaire, un Capucin tâchait de reconstituer le Tiers-Ordre, un aumônier de prison donnait des retraites aux malheureux ou malheureuses dont il avait le soin ; des curés essayaient, par des prédications plus solennelles, de faire revenir à l'église ceux qui n'en savaient plus le chemin ; tous les prêtres s'approvisionnaient de .chapelets, de croix et de médailles indulgenciés pour les répandre autour d'eux, et c'est ce travail dont il nous est permis de deviner la discrète persévérance ; c'est la conversion dé nombreuses familles, éloignées de Dieu plutôt par apathie ou timidité que par mauvais vouloir, qui est le prix du labeur incessant d'un clergé dont on a trop méconnu les mérites parce que sa modestie le poussait à rester ignoré.
La réconciliation des anciens constitutionnels n'allait pas sans d'énormes difficultés. Nous avons vu avec