‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 193 sur 286 · U. V, io · texte numérisé non relu

U. V, io

LE CAS DE TALLETRAND SoQ

à propos, la faculté de se faire relever des censures, grâce à un bref spécial expédié par la Pénitencerie Apostolique. Quant à la permission de se marier, elle était passée sous silence et Caprara, se rendant compte de l'effet que produirait le bref du Saint Père, s'abstint d'en donner communication, au moins officiellement, à l'intéressé.

Gela ne faisait pas l'affaire de Talleyrand qui tenait absolument à recevoir la bénédiction nuptiale, et voici le subterfuge auquel il recourut : un de ses amis, le savant Lacépède, alors sénateur, habitait pendant la belle saison le village d'Epinay, non loin de Saint- Denis; il avait pour curé un vénérable prêtre qui était en fonctions depuis 1760; il se nommait l'abbé Pourez. A cette époque, Rpinay était fort loin de Paris et je ne sais pas dans quelle mesure les secousses révolutionnaires s'y étaient fait sentir : avant, pendant et après la Terreur, M. Pourez s'était occupé du soin de ses ouailles sans s'inquiéter de ce qui se passait au dehors.

C'est en abusant de la simplicité do cet excellent prêtre que Talleyrand parvint à faire bénir son mariage : M. Pourez accepta les dires de Lacépède et supposa qu'avant de recourir à son ministère les futurs conjoints s'étaient mis en règle avec les autorités ecclésiastiques ; ce n'était pas à lui, pauvre petit curé de campagne, de leur poser des questions qu'ils auraient peut-être jugées indiscrètes. Il les maria donc et ce fut un mariage nul ; mais Talleyrand, dans ses heures de sincérité, put dire sans mentir que son mariage avait été béni par un prêtre.

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