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LA. LIBERTÉ EN I

dimanche, pour voir si ce jour-là les petites filles étaient mieux habillées que les autres jours. On interrogeait les enfants sur les Droits de l'Homme et la Constitution, afin de savoir si les maîtres et maîtresses remplissaient leur devoir d'éducateurs civiques ; on fouillait dans les pupitres, dans l'espoir d'y saisir un évangile ou un catéchisme, ouvrages réputés contraires aux principes républicains. La sanction suivait promptement la découverte de toute infraction : c'était la fermeture de l'école et l'interdiction d'enseigner pour le maître. Dès ventôse an VIT, 1* « épuration » des écoles était chose accomplie dans plusieurs arrondissements de Paris *.

Les fidèles étaient libres d'honorer Dieu, de fréquenter l'église de leur choix et de s'y approcher des sacrements, mais ils savaient que pénétrer dans telle chapelle, entendre la messe de tel prêtre les rendait suspects et permettait au premier mouchard venu de les accuser de complicité avec les ennemis de la République, de correspondance criminelle avec les émigrés, les chouans, les Anglais et les royalistes, et tous ceux qui dépendaient à un titre quelconque de l'administration hésitaient à se compromettre pour ne pas perdre

I. Arch. Nat., F*c, III, Seine, 20, phiviôso, ventôse, germinal, floréal, prairial an VII ; F^ 38/ia. — « On remarque », dit mélancoliquement Dupin, dans son rapport de ventôse, « que dans ces « écoles (fanatiques !) s'élèvent les enfants des généraux, des « députés... ces députés qui, en 1792 et 1798, se sont le plus « élevés contre les prêtres, ne refrardent leur fille comme bien « élevée que quand elle a fait sa première communion ! » Les mesures vexatoires continuaient en vendémiaire an I\ (AF iv 1329).

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