Annales Catholiques^ IV, i/i/i
LA. DÉMISSION DE ROYER 3l
occuper le siège métropolitain de Rouen, vacant depuis la mort de Gratien ; Royer tint à lui donner lui-même la consécration cpiscopale ; il était donc faux qu'il désirât voir finir le schisme, puisqu'il travaillait au contraire à le perpétuer.
Fort mal accueillie par les catholiques, la lettre de Royer fut encore plus mal prise par les constitutionnels : les Annales de la Religion, après avoir annoncé le sacre de Le Blanc de Beaulieu, ajoutent les réflexions suivantes : « Il est difficile de concilier le consécrateur (( du successeur du cardinal de La Rochefoucauld, « encore vivant, avec Tévêque de Paris invitant par « lettre Buonaparte à rappeler Juigné. Nous ne « sommes pas autorisés à désavouer la lettre dont les « extraits ont couru dans les journaux sous le nom « du citoyen Royer ; mais nous pouvons assurer que « ce prélat, sur les représentations sévères du Pres- M bytère, a témoigné sa douleur d'avoir, dans cette (( circonstance, cédé imprudemment aux intrigues « des « bons prêtres » et a été le premier à reconnaître (( que les hérétiques et les fanatiques du xviii" siècle (( que nous ferons connaître désormais sous la quali- « fication de « bons prêtres », ne pouvaient rentrer « dans la communion de l'Église qu'après une rétrac- « tation solennelle de leurs erreurs et une pénitence « éclatante de leurs scandales et de leurs crimes ^ »
Voici donc quelle était la véritable doctrine des constitutionnels en ce qui concerne les insermentés ; l'humiliant démenti donné à Royer par les Annales