Annales de la Religion, X
3 a PAS DE aÉGO?i€:iLIA.TION
rétablissait la vérité d'une façon bien nette. Et cependant les u Réunis )> tinrent à dire aussi leur mot et à formuler les conditions qu'ils posaient à cette réconciliation. « Quelle doit être la conduite des évêques et des curés actuels de Téglise gallicane» dans le cas où leurs prédécesseurs émigrés viendraient à rentrer en France, même avec Tautorisation du Gouvernement ? — 1° On doit se garder de croire trop légèrement à toutes les fausses nouvelles que débitent les « bons prêtres »> sur le retour des anciens évêques ; c'est une ruse dont ils se servent pour grossir le nombre de leurs partisans. . . i les entendre, tous ces évêques émigrés ont obtenu, ou vont obtenir leur radiation.,, ces assertions sont mensongères et dénuées de fondement ; aucun évéque n'a été rayé jusqu'ici et il est douteux qu'aucun le soit de si tôt. . . » Et sur ce point, les Réunis n'avaient pas absolument tort : on espérait le retour des évêques : ce retour se fit longtemps attendre et on peut dire que les manœuvres- des constitutionnels n'y furent pas étrangères ; Fouché était de leurs amis et travailla pour eux.
M 2" Les évêques et les curés actuels ne doivent c( jamais perdre de vue qu'ils sont les pasteurs légi- « times des troupeaux à la tête desquels ils se trou- (( vent placés et qu'ils doivent rester fermes à leur « poste, tant que la légitimité de leur titre ne sera « pas reconnue par les dissidents ; — 3** Ils doivent « par conséquent éviter toute précipitation qui tendrait (( à les entraîner au delà des bornes prescrites et (( s'interdire sévèrement toutes ces offres prématurées.
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« 4aivent sauges que. dans le iqaa siupposé, ils auront
« à stipuler non seuleiïieBt pour .eux, mais encotre
« pour les autres évêques leurs collègues, pour leurs
« coopérateurs dans le saint ministère et surtout pour
(( la conservation des droits et libertés de l'église
<( gallicane; — 5" Le Concile national a tout prévu
« dans sa sagesse : il suffît de jeter les yeux sur son
<( décret de pacification pour connaître l'unique marche
« à tenir en pareille circonstance ; on doit fidèlement
« observer les conditions qu'il a prescrites non seule-
« ment à l'égard des évêques et des curés émigrés, mais
« même envers ceux qui sont restés en France et qui
<( n'ont pas voulu prêter le serment auquel ils étaient
« assujettis ; les uns et les autres, pour rentrer dans les
« places qu'ils ont lâchement abandonnées, doivent
<( commencer par exécuter franchement tous les
« articles de ce décret qui les concernent et alors, mais
<( alors seulement, U sera permis aux évêques et aux
<( curés constitutionnels de suivre l'impulsion de leurs
<i cœurs et de s'abandonner sans réserve à tout ce que
<( pourra leur inspirer leur amour bien connu pour la
<( paix de l'Église et de l'État*. »
Un tel document nous met à même de nous former une opinion sur l'état d'esprit des évêques constitutionnels. Leurs appels à la paix, leurs protestations en faveur