Voir sur sa mort ce que j'ai dit, Egl. de Paris, I
33o LES CURÉS
Domiogue ; ils pouvaient échanger là leurs tristes rofloxions sur la décadence de leur église.
Quant au sénateur Grégoire, il avait jugé opportun de disparaître pour quelque temps : aussitôt après la publication du Concordat, il était parti avec son ami Degola pour un voyage en Angleterre et en Ecosse, qui dura jusqu'au mois d'août ; l'année suivante, les deux amis entreprirent une longue tournée en Allemagne; en mai, ils s'arrêtèrent en Hollande, visitant les communautés jansénistes d'Utrecht et de Harlem ; puis, traversant la Saxe, ils gagnèrent Berlin où ils étaient le 2 août ; ils y firent un assez long séjour, étudiant sur place les confessions hétérodoxes et conversant avec les savants. Ils revinrent par Brunswick, Goettingue, Marbourget Francfort ; à Strasbourg, ils vendirent leur voiture et se séparèrent ; Grégoire était à Paris à la fin de septembre et Degola rentrait par la Suisse en Italie pour livrer une interminable bataille à l'archevêque de Gènes, lequel n'était autre que Mgr Spina, devenu cardinal et archevêque de sa ville natale ^
Grégoire, rétabli à Paris, se confina dans ses regrets, menant une opposition sourde au régime napoléonien ; il ne fréquentait que quelques amis tels que Lanjuinais et Garât et un certain nombre de prêtres qui venaient lui confier leurs peines et leurs regrets.
Sur 39 curés, 9 ou 10 étaient des constitutionnels d'une teinte plus ou moins accentuée, plutôt moins, et il restait trente cures à attribuer à des insermentés.