I. Vandal, op. cit.. Il
derrière eux marcliait docile la masse compacte des bourgeois incrédules flanqués de la bande des acquéreurs de biens nationaux qui avaient cessé d'aller à confesse le jour où on leur avait parlé de restituer le bien mal acquis. Ce groupement de passions diverses, cimenté dans une haine commune pour l'Eglise, veillait jalousement sur le dépôt de l'incroyance ; tout acte réparateur de la paix religieuse était censuré avec acharnement ou ridiculisé avec amertume.
El cependant cette poignée de politiciens n'était pas toute la France 1 On avait respiré en province en pensant que la tyrannie des consciences avait pris fin ; le peuple chrétien avait accepté, acclamé le gouvernement consulaire parce qu'il attendait de lui un peu de justice et de liberté. C'est à cette condition qu'il était prêt à le soutenir, mais il réclamait l'exécution du pacte. C'est ainsi seulement qu'on ferait mettre bas les armes aux paysans de l'Ouest, et c'est en leur refusant les réparations nécessaires qu'on précipiterait l'explosion d'une insurrection générale.
Aussi bien les premières concessions furent-elles dictées par la nécessité et encore sembla-t-il qu'elles étaient mesurées d'une main parcimonieuse. L'abbé de Boulogne, en publiant le décret qui rouvrait les églises, y ajoutait des commentaires où l'éloge n'allait pas sans réserves et où la gratitude n'empêchait pas d'affirmer que ces concessions étaient encore insuffisantes ^
Dans une proclamation aux départements de l'Ouest,