‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 236 sur 286 · SAINT-LE U · texte numérisé non relu

SAINT-LE U

En i8o3, M. Laurent devient curé de Saint-Leu, à Paris, sans qu'il soit possible de dire à quelles hautes influences est due celte promotion. En tout cas, elle se justifiait par les talents dont fit preuve le nouveau curé.

A force de persévérance, et peut-être grâce aux protecteurs inconnus qui l'avaient fait nommer, il obtint du Préfet de la Seine la remise de son église paroissiale où le culte se rétablit le 6 octobre 1804.

M. Laurent était ce qu'on appelle un homme à idées larges ; en 1809, il célébra dans son église la cinquantaine du mariage de ses parents ; la cérémonie religieuse fut suivie d'une réunion de parents et d'amis où, à côté de son frère, devenu curé doyen de Juvenecourt, avait pris place son compatriote J. B. Boucheseiche, doctrinaire défroqué, marié, chef d'institution sur \^ place de l'Estrapade, celui-là même qui l'avait mis à la porte en septembre 1792 lorsqu'il cherchait un asile contre les policiers qui le traquaient. Boucheseiche, pendant la Terreur, avait exercé la fonction d'agent secret du Comité du Ministère de l'Intérieur (c'est-àdire de mouchard ^). Il fut cependant reçu à bras ouverts à la table familiale et, comme c'était une manière de pédant, il lut une pièce de vers qu'il avait composée pour la circonstance.

Est-ce à cause de sa « largeur d'esprit « que M. Laurent fut appelé à l'épiscopat ? Un de ses biographes prétend qu'il avait réussi à s'insinuer dans les bonnes

I. Paris pendant la Terreur. Rapports des agents secrets.,, publiés par P. Caron, 1. 1, p. xxviii de Tintroductton.

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