SAINT-MERRY
Septième Arrondissement.
Saint'Meny,
M. Viennel était curé de Saint-Merry depuis 1774 * ; nous savons avec quelle souplesse il avait navigué entre les écueils des temps révolutionnaires ; sans repousser absolument les avances du Presbytère constitutionnel, mais sans se compromettre avec lui; sans reconnaître le nouvel évêque et sans faire une soumission expresse aux vicaires généraux de l'ancien, il était arrivé sans éclat au commencement de Tannée 1800 ^. C'est alors qu'il avait cru devoir répondre au désir de la plus grande partie de ses vicaires et de ses paroissiens en se réconciliant avec ses supérieurs légitimes ; mais il le fit sans bruit et les tiraillements qui purent se produire alors restèrent ignorés du public ^.
Le 7 janvier i8o3, M. Yiennet donna sa démission ; il se retira à la campagne, à Belleville; il y mourut le 7 avril suivant *.
I. On trouvera de plus amples détails sur M. Viennct dans l'histoire de. la paroisse Saint-Merry que va publier M. Tabbé Baloche, premier vicaire de cette paroisse ; je profite de cette occasion pour remercier mon savant confrère des renseignements qu*il a bien voulu me donner sur une église dont il a «tudié rhistoire avec la patience d*un bénédictin.
a. Eglise de PariSy UI, Sôg-Sya.
3. Voir plus haut au chapitre III ce que j'ai dit de la rétractation du curé de Saint-Merry.
II, Un monument a été élevé à Saint-Merry, dans la chapelle de Notre-Dame-du-Suffrage, à la mémoire de M. Viennet; l'inscrip-
SA.1NT-AIERRY 37^
Le jour où il se relirait, avait été installé son successeur: M. Pierre Fabrègue, né le 20 octobre 1748 a Sénéchat, dans le diocèse d'Avignon, avait été curé constitutionnel dans l'ancien diocèse d'Alais, puis wicaire épiscopal du Gard ; il était venu à Paris en 1797 pour s'y rétracter et avait été employé d'abord à l'oratoire des Filles-Dieu ; dénoncé comme rétracté, •et incarcéré le 22 mai 1798, il s'était vu condamner à la déportation le 35 octobre (4 brumaire an VI) ; mais cet arrêté ne fut jamais mis à exécution, il fut même rapporté et, après quinze mois de détention au Temple, M. Fabrègue fut élargi le 10 juillet 1799.
C'est alors qu'il avait offert ses services à M. Viennet et que, grâce à sa valeur indiscutable, il avait pris la première place dans le clergé de la paroisse bien qu'officiellement il n'eût que le titre de troisième vicaire. En 1803, M. Fabrègue fut nommé curé du Petit-Saint- Antoine, paroisse qu'il était question d'installer dans la chapelle des chanoines hospitaliers de Saint-Anloineen-Viennois, située entre la rue Saint- Antoine et la rue du Roi-de-Sicile ^ Ce projet n'eut pas de suite et M. Fabrègue resta troisième vicaire de Saint-Merry en attendant d'en devenir le curé.
tion rappelle que, curé pendant 2g années et six mois, il n'a cessé d'édifier sa paroisse par son humilité, sa piété, son zèle et son amour des pauvres. Pourquoi n'a-t-on pas pu ajouter qu'il était pur de toute adhésion à la constitution schismatique P
I. Transformée en 1792 en dépôt de sel, cette chapelle menaçait ruine ; les murs rongés par les acides, s'inclinaient d une façon inquiétante et il faUut la démolir en 180O; sur son emplacement, on traça une voie publique, le passage Saint-Antoine, qui disparut lors du prolongement de la rue de Rivoli, sous le second Empire.
Celui qui portait alors le ti^e de premier vicaire était Gaspard-Antoine Nicot, aacîien curé de Méziènegs^ qui« venu k Paris en i7<)3^ a>aii par deux fols renoncé publiquement à son caractèns sacerdotal ^. Disqualifié par le souvenir de ses honteuses ùiiblesses. M. Nicot dut quitter La paroisse en 1807.
Le second vicaire était M. André de Virgile, né en 1702^ dans le diocèse de Carpentras* qat« avant la &rvolutioQ, avait été employé dans le dioû^ de Raris comme vicaire k Cfaevreuse, puis à Louveciennes ; insermenté, puis émigré* M. de Virale n'était itentré qu'en novembre 1801 pour être nommé à Saint-Bferry. Il passa en 1806 k Saint-Ëtienne-du-Mont on il fut premier vicaire : il devint ensuite aumônier des Dames du Satnt-Sacrement de la rue Neuve^Çainte-Geneviève et prit sa retraite en iBan, pour cause d'infirmités. U ne quitta pas Paris et vécut des secours assez maigies qu^ii obtenait à force de sollicitations de rArcbevécfaé et de la Grande Aumônerie; il était tnàs occupé à poursuivre contre des parents demeurés au pays natai d'interminables procès, qu'il gagnait régulièrement sans en devenir plus riche pour cela ^.11 mourut dans la misère le 28 janvier iSSa.
A la place de M. Fabrègue on nomma troisième vicaire un jeune prêtre ordonné pendant la Révolution, M. Martin Gasset, qui allait consacrer vingt ans au service de la paroisse ; second vicaire en 1806, premier vicaire en 1819, il deviendra en i8:»3 curé de Saint-
t. Afxïh. î^at., F«»SS8.
2. Ibid.^ F**, it^7, fi5o, ii5s, iiâ^, itSa, 11S9, ti6f, iiSj» ii63, 1175, 1198, ii()8.
SOT&£*1>AMB-DES-BLA.lfG5-MA9fTEAUX S77
Gervais, mais, frappé d'un mai inexorable qui paralysa subitement toute son activité* ii dut donner sa démi^ sion et fut nommé chanoine honoraire. Il végéta encore cinq ans et mouinit le i3 novembre 1819, à l'âge où tant d'autres sont encore en pleine possession de toutes leurs forces.
Notre-DaTne^deS'Blancg'Manteaux.
L'église des Bénédictins dite Notre-Dame-des- Blancs-Manteaux ^ fut érigée en paroisse en i8oa et reçut pour curé M. Pierre-François Tînthoin né à Paris le 38 février 1751,
Professeur à la Faculté de Théologie, M. ïinthoin s'était honoré, ainsi que tous ses collègues, en refusant le serment constitutionnel : il avait dû éniigrer. Son passage aux Blancs-Manteaux fut de courte durée: le 20 février ï8o6, il fut nommé chanoine de Notre- Dame et Grand-Pénitencier du diocèse, fonction qui comprenait alors une partie des attributions qui appartiennent aujourd'hui au Promoteur et à TOfficial. Il était la providence des malheureux prêtres qui avaient fléchi pendant la Révolution ; il les accueillait avec une bonté que rien ne lassait et leur fournissait les moyens de sortir de l'état de dégradation où ils étaient
I. Les premiers religieux qui occupc'rent ce couvent, au XIV* siècle, étaient dits ; Serfs de la Vierge et portaient un manteau blanc ; ils furent remplacés par les (îuillemites dont le nom est perpétué par la rue qui fut percée en biais sur les bâtiments conventuels ; les Bénédictins vinrent ensuite ; ils avaient aux Blancs-Manteaux une maison d'études illustrée par les travaux de D. Brial, de D. Clément, de D. Labbat et de D. Deforis.
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tombés ; il pourvoyait à leurs besoins matériels, le» •recevait chez lui et appuyait auprès du cardinal Caprara leurs demandes de réhabilitation.
M, ïinthoin mourut le i3 mai 1826 *.
Son vicaire, M. Chenaux (François-Benoît) né à Paris le 17 mai 1760, appartenait en 1790 au clergé de Saint-Germain l'Auxerrois ; pour l'attirer dans l'église constitutionnelle, on lui avait proposé Tévêché de la .Côte-d*Or; il refusa et, signalé aux rancunes de ceux qu'il avait refusé de servir, il quitta la France. C'est probablement en Angleterre qu'il connut M. Tinthoin qui, aussitôt nommé curé, fît de lui son principal collaborateur. Son zèle, et peut-être aussi son intransigeance furent cause qu'en 1809 il fut arrêté par la Police impériale et interné à Besançon ; quelques mois après, Mgr Charrier de la Roche, évêque de Versailles, s'intéressa à lui, répondit de sa conduite à venir et obtint la permission de lui confier une petite paroisse située aux confins du département d'Eure-et- Loir. Après la chute de Napoléon, M. Chenaux rentra à Paris et fut nommé premier vicaire à Saint-Denysdu Saint-Sacrement, puis curé de Saint-Antoine; il mourut le 16 octobre 1828*.
Comme second vicaire, M. Tinthoin avait un ancien génovéfain, M. Antoine-Mathieu Frémyn, né à Paris le 20 septembre 1769, qui, en 1790, résidait à l'Abbaye du Val-des-Ecoliers. M. Frémyn resta fidèle à son ancien abbé général et vécut avec lui pendant toute la