‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 250 sur 286 · Ami de la Religion, XV, 76 et · texte numérisé non relu

Ami de la Religion, XV, 76 et

SAINT-AMBROISE Sgi

on lui demanda une abdication formelle, appuyée de la remise de ses lettres de prêtrise, et il jugea prudent de ne pas s'y refuser ; on lui reparla de mariage : celte fois, il sentit qu'un refus serait dangereux et il promit tout ce qu'on voulut, mais s'en tint là. Dès que le 9 thermidor eût mis fin à la domination des énergumènes, il reprit ses fonctions, se remit à dire la messe en particulier, puis en public et personne ne s'en plaignit*. Il s'était toujours tenu dans le parti constitutionnel ; de 1795 à 1803, il en fut le représentant le plus autorisé dans la banlieue nord de Paris.

Après quelques mois passés à Saint-Ambroise, M. Fulchic fut nommé curé de Bry-sur-Marne (i3 janvier i8o3), puis de Dugny (16 mai i8o5); au mois d'avril 1808. il fut remplacé à Dugny sans que j'aie pu savoir ce qu'il fit pendant trois ans; en 181 1, il revint à Dugny pour succéder à son propre successeur et le 10 décembre 1816, il mourut au moment où le Chapitre venait de le nommer curé de Drancy.

A la place de M. Fulchic, vint à Saint-Ambroise M. Bernard Costes, ancien religieux cordelier, âgé de 72 ans, qui, pendant un an, venait d'être curé de Villetaneuse. M. Costes n'avait prêté aucun serment et en 1796 il desservait un oratoire rue de la Roquette, n** 48 ; il ne passa qu'un an à Saint-Vmbroise et se retira à Villetaneuse, où il mourut le 4 juillet 1814.

I. Procès-verbaux de la Société populaire de Belleville. Trois registres conservés à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Ms. 11A71.

Sga SAINT-DEWIS-DU-S.U5T-SACREMEIIT

Les Minimes (Saint-Derds-da-Saint-^Setcrement).

La partie da huitième arrondissement située en deçà des boulevards forma en 1802 une paroisse presque entièrement détachée de l'ancien territoire de Saint- Paul. C'est aujourd'hui Sainl-Denîs-du-Saint-Sacrement, mais pour expliquer comment de l'église des Minimes elle se transporta rue de Tu renne, il me faudra d'assez longs développements : la question est, en effet, fort compliquée ^

M. Dubois avait acheté en Tan VI l'église des Minimes* et y avait organisé un service religieux qui répondait aux besoins de tout le quartier qui s'étendait entre les boulevards, la rue Saint- Antoine et la « Vieille rue du Temple » 3.

Le 8 finictidor an IX (26 août 1801), un arrêté préfectoral approuva une décision de la Municipalité d'après laquelle l'ancienne Chaussée des Minimes (aujourd'hui rue de Béarn) devait être prolongée à travers les terrains ayant dépendu du couvent ; la nouvelle voie devait passer exactement sur l'église, ce qui amènerait sa destruction. On peut se demander quelle fièvre de vandalisme avait saisi les architectes municipaux : ayant à tracer une rue au milieu d'un désert,

1. M. l'abbé Grcnte, quand il élait second vicaire à Saint-Denîsdu-Saint-Sacrement, est arrivé à force de persévérantes recherches, à tirer au clair ce problème historique ; c'est son travail (pp. cit., 336-3^5) que je vais essayer de résumer.

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