SAINT-DENIS-DU-SAINT-SACREMENT
Les Bénédictines du Saint-Sacrement, établies rue Saint-Louis depuis 1684, avaient construit une belle chapelle qui était au coin de la rue Saint-Louis et de la rue Saint-Claude ; le couvent avait été confisqué en 1792 et la chapelle avait été convertie en un magasin d'équipements pour l'armée.
(^esl cette chapelle qui, en 1802, fut officiellement affectée à la paroisse expulsée des Minimes ; restait à y entrer, ce qui fut très long. En attendant. M. Poitevin loua pour i .800 francs une partie des bâtiments du couvent des Minimes et s'y établit comme il put, quand il lui fallut évacuer l'église.
Ce qui prouve que déjà la concession de la chapelle des religieuses était décidée en principe, c'est que le a8 juillet i8o3, Mgr Dernier, évêque d'Orléans, faisant un baptême, consigne dans l'acte cette mention significative : « dans l'église succursale du Saint-Sacrement,, séante aux Minimes»; c'est la première fois que se voit dans un acte officiel le titre du « Saint-Sacrement » donné à la paroisse et cela par quelqu'un qui était plus qualifié que personne pour savoir ce qui en était.
En mars i8o5, rien n'était encore changé ; M. Poitevin officiait dans une salle des Minimes ; l'administration militaire continuait à entasser des sacs et des bonnets à poil aux Bénédictines. M. Poitevin se serait contenté du local de f(u*tune qu'il avait adapté aux besoins du service religieux, mais le 1" mars i8o5, on vint lui signifier qu'à la rentrée, les bâtiments qu'il occupait à titre précaire devaient être mis à la disposition du Ministre do l'Intérieur pour l'installation d'un Lycée (le Lycée Charlemagne). Sur cette injonction, on
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essaya de faire comprendre- au Ministre de la Guerre qu'il était enfin temps de remettre l'église à la disposition de Fautorité ecclésiastique, mais, on n'obtint que des promesses vagues. Un ordre fut donné le 22 mars 1806 pour évacuer les fournitures militaires, mais cet ordre ne fut pas exécuté.
Le Lycée ne s'était pas installé aux Minimes ; au mois d'août 1806, on lui avait aftecté l'ancienne maison professe des Jésuites, où il est encore, mais le couvent devait servir de caserne à la Garde de Paris. Comme d'autre part le magasin militaire de la rue Saint-Louis n'était pas débarrassé, l'archevêché fit savoir que puisqu'on ne trouvait pas où loger le service paroissial, la paroisse serait supprimée.
Il se peut que cette menace ait fait réfléchir l'administration, car, le 9 mars 1808, la chapelle des Bénédictines fut enfin remise au clergé, mais dans un tel état de délabrement que d'importants travaux étaient nécessaires ; on les commença sans retard, et ils étaient loin d'être terminés quand, le 20 novembre 1808, M. Poitevin reçut de la Place de Paris l'ordre d'évacuer les Minimes dans les 24 heures. Il fallut interrompre pendant près d'un mois les exercices du culte ; ce n'est que le 2 1 décembre 1808, que la chapelle put être bénite par Mgr Chabot, ancien évêque de Saint-Claude.
Une ordonnance des vicaires capitulaires, datée du 18 décembre 1809, désigne la paroisse sous une appellation nouvelle : Saint-Denis au Marais ; on avait pensé qu'il'était convenable qu'une église de Paris fût dédiée à son premier évoque ; la dénomination d'église du
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Saint-Sacrement n*en persista pas moins et finit par s'amalgamer avec l'autre; c'est sous ce titre deSaint- Denis-du-Saint-Sacrement que l'église est officiellement désignée.
En 1810, la communauté bénédictine se reconstitua et une ordonnance royale du 24 janvier 1816 aflecta aux religieuses leur ancienne maison, k charge de conserver h la paroisse la jouissance de la chapelle et du corps de bâtiment y attenant.
Ce n'était plus M. Poitevin qui était curé en 1816; il était mort depuis le i3 octobre 181 3; il eut pour successeurs M. Delarue, l'ancien vicaire de Saint-Louisen-l'Ile, mort le 26 décembre 1822, puis M. Pisseau, premier vicaire de Saint-Denys-en-France, qui tous deux s'étaient rendu compte de la difficulté qu'il y avait à partager l'usage d'une chapelle publique avec des religieuses cloîtrées. Il était nécessaire d'ailleurs de construire un édifice plus vaste et mieux approprié aux exigences du service ; M. Delarue mourut à la peine en essayant de faire adopter cette idée ; M. Pisseau vit le commencement des travaux et les eût peutêtre conduits à bonne fin, mais la Révolution de i83o l'obligea à donner sa démission. L'église ne fut consacrée que le 4 juin i835 sous M. Forgue ^.
I. Jean Bertrand Forgiic, né dans le diocèse de Tarbes le aç) janvier 179O, incorporé au diocèse de Paris en 1817, ordonné en 1810, fut d'abord vicaire du chapitre de Notre-Dame, puis vicaire à Saint-Gervais ; il fut nomme cure de Saint-Denis-du- Saint-Sacrcment en i83o, démissionna en 1867, pour devenir chanoine titulaire et mourut le 28 mai 1878; son frère cadet, qui fut longtemps curé de Saint-Jean-Saint-François, se retira à Versailles où il n'est mort qu'en 1901.
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En 1802, x\f. Poitevin reçut pour vicaire M. Michel Malbeste, né le i4 mars 1754, dont nous avons vu les aventures extraordinaires pendant la Terreur ^ Nommé en 181 3 curé de Sainte-Elisabeth, M. Malbeste gouverna cette paroisse pendant 33 ans ; en i835 il donna sa démission, fut nommé chanoine honoraire et mourut le 2 3 février iS^i, à 87 ans 2.
M. de Croix, secQnd vicaire, venait de l'oratoire Giiéménée ; il devint curé de Notre-Dame des Victoires en 181 1 et mourut prématurément en i8i4.
Neuvième Arbondissememt.
Notre-Dame.
En même temps que Féglise métropolitaine était remise au Chapitre qui devait y célébrer l'office canonial, il y fut établi une paroisse, paroisse unique de la Cité, avec un curé et un clergé ayant une existence absolument indépendante. Cette cohabitation de deux organismes distincts dans ïa même église n'était pas sans présenter quelques inconvénients : l'histoire des cathédrales était là pour témoigner en faveur du génie processif des chanoines d'autrefois- et tout ce qu'on peut dire du Lutrin de Boileau, c'est que ses personnages sont un peu chargés. Toujours est-il que rexistence d'un, curé autonome avec ses vicaires, ses employés, son matériel et son budget était une cause
a. Ami de la Reliffioriy CVIIÏ, Sgo, CIX, 4or, CVI, 890.