‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 254 sur 286 · Ami de la Religion, V, 0G · texte numérisé non relu

Ami de la Religion, V, 0G

3. Cet ecclésiastique fit montre sous la Restauration de sentiments ultra-royalistes qui ne Tempêchèrent pas de tomber im peu plus tard dans une disgrâce méritée. Ordonné par Tévêque constitutionnel du Cantal, Bcrtin, il était en 1801 vicaire de Chalinargues, près de Murât; il était venu à Paris chercher fortune et s'était insinué dans les bonnes grâces des chanoines ; il n'est d'ailleurs pas douteux qu'il rendit beaucoup de services à

?îOTRE-DAME 899

M. de la Roue eut tout d'abord comme vicaires deux prêtres que leurs origines ne semblaient pas devoir rapprocher : l'un était Prudent Gasnier, dont j'ai raconté déjà les graves erreurs et le louable repentir* ; l'autre, François Froment, était en 1790 l'un des deux curés de Saint-Denis-du-Pas ; insermenté, il avait émigré à Tournai et, en 1802, nous voyons qu'il est à Louth, en Angleterre, d'où il écrit au cardinal Gaprara pour lui demander s'il est prudent de rentrer en France. Le Cardinal lui répond de revenir et ajoute : « Bien que les emplois soient déjà pourvus, on vous trouvera une place, car M. de Pancemont vous apprécie 2», et c'est ainsi qu'il fut attaché au clergé de Notre- Dame.

En i8o3 seulement apparaît celui qui pendant sept ans sera le collaborateur fidèle de M. de la Roue : Louis-Joseph Leriche, né à Paris le 17 janvier 1755, ordonné en 1779, était professeur au collège du Cardinal Lemoine et servait en même temps de précepteur aux enfants du marquis de Juigné, frère de l'archevêque. Quand la famille de Juigné émigra, il la suivit.

Ses talents exceptionnels le désignèrent bientôt pour occuper une des grandes cures de la capitale et M. de la Roue en était trop convaincu pour hésiter à se priver d'un premier vicaire qu'il craignait cependant de ne pouvoir jamais remplacer. M. Leriche fut nommé

M. de Coriolis pour l'organisation de la Bibliothèque capitulaire (Ami de la Beligion, il, aofi ; V, /|3/, ; L\X\, 889 ; LXXXI, 525-258, 574; CLXI, 533; XI, i8:>, XIV, 108, XL, G8, XLII, 28/1, LXX, 589.

a. Arch. Nat., AF IV, 1891.

400 SAlîfT-GERVAlS

curé de Saint-Paul le ii novembre 1810 et, après un long et fructueux ministère pastoral, il mourut le iC janvier i833. h Vàge de 78 ans^

Deux prêtres complétaient le clergé paroissial de Notre-Dame et, quand il y avait lieu, l'archiprêtre pouvait encore utiliser les services des ecclésiastiques attacliés au Chapitre en qualité de vicaires de chœur.

Saint-Gervais .

Le curé constitutionnel de Saint-Gervais, M. Chevalier, était rétracté depuis six ans au moment du Concordat ; tous, vicaires et paroissiens, souhaitaient son maintien à la te te de leur église ; les administrateurs laïques adressèrent à Portalis une requête touchante afin qu'il leur fût conservé.

11 n'était peut-être pas inutile d'insister auprès du Gouvernement, car M. Chevalier était par ailleui^s ardemment combattu et voici pourquoi :

Son église avait été une des dernières, sinon la dernière, où se fut conservé le culte des Théophilanthropes, En fructidor an VIII (août 1800) leurs assemblées au (( Temple de la Jeunesse » étaient encore nombreuses puisqu'elles comptaient jusqu'à 5 à 600 assistants^.

Cette affluence avait pour cause la fermeture de la plupart des autres chapelles théophilanthropiques, mais cette fusion avait placé en contact des groupes de composition et de tendances diverses et ainsi s'étaient

Page 1