‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 273 sur 286 · SAINT-SULPICE · texte numérisé non relu

SAINT-SULPICE

M. Grandmange jusqu'en 1824, M. Noyel de Parange jusqu'en 1829 et M. Louaintier jusqu'en i833.

Onzième Arroîïdissemçnt.

Saint-Sulpice,

Le curé constitutionnel de Saint-Sulpice, Pierre- Nicolas Mahieu avait reçu un successeur, mais il affectait de l'ignorer et continuait à administrer son église comme parle passé. Ce n'est que le dimanche 16 mai que le nouveau curé réussit à s'introduire dans l'église après les vêpres et à se faire mettre en possession réelle par M. de Malaret.

M. Mahieu se retira en protestant contre la violence qu'on lui faisait subir et il chercha à*apitoyer les bonnes âmes sur son malheureux sort. C'était ainsi, disait-il, qu'il était récompensé, lui qui, pendant dix ans, avait conservé à la religion une des principales églises de Paris I et cela en exposant à diverses reprises sa liberté et sa vie ! 11 n'eut pas longtemps à se plaindre, car peu après il fut nommé aumônier du lycée qui fut ouvert dans le couvent des Génovéfains d'abord sous le nom d'école centrale du Panthéon, puis de lycée >Japoléon, pour devenir collège Henri IV, encore lycée Napoléon, puis lycée Descartes et enfin encore une fois lycée Henri IV. Mis à la retraite en 1816 (il avait alors 80 ans), M. Mahieu mourut à Paris le i4 juin 1821.

M. de Pancemont, nommé à l'évéchc de Vannes, avait été sacré le dimanche dos Rameaux de 1802 ;

ll'i(\ SAINT-SULPICE

mais il no se rendit pas immédiatement dans son diocèse. Sa participation au travail de réorganisation du clergé de Paris rendit sa présence indispensable auprès de l'archevêque pendant quelques mois encore. Son successeur, Charles-Louis-François-Marie de Pierre, né le 27 juillet 1763, n'avait pas encore quarante ans ; il avait travaillé dans la paroisse depuis le commencement de la Révolution ^ En 1796, Tenquéte de floréal nous apprend qu'il habitait 788, rue des Francs-Bourgeois- Monsieur-le-Prince 2 et qu'il

exerçait dans l'oratoire de la rue du Vieux-Colombier.

M. de Pierre administrera la paroisse pendant trente-deux ans ; on lui offrit, en 18 17, Tévêché de Saint-Claude qu'il n'accepta pas, voulant consacrer le reste de sa vie à la paroisse qu'il avait eu à rétablir au Concordat 3.

M. de Kéravenant avait refusé la cure de Saint- Germain-des-Prés pour ne pas quitter Saint-Sulpice ; il fut le premier vicaire de M. de Pierre, mais en i8o4,

I. En 1790, il appartenait déjà à la communauté paroissiale de Saint-Suipice où il remplissait la double fonction de linger et d'infirmier; quand la communauté fut ofliciellement dissoute, il se chargea sous sa propre responsabilité de nourrir les trente cinq prêtres insermentés qui composaient encore le clergé relevant de M. de Panccmont; il ne trouva pas que des consolations dans cet obscur ministère et plusieurs de ses confrères, aigris par l'adversité lui suscitèrent des ennuis dont l'écho parvint jusqu'au Comité ecclésiastique de la Constituante (Arch. Nat., D. Xl\, 81, 037 bis n" 3^.

a. La rue des Francs-Bourgeois était la partie méridionale de<4a rue des Fossés Monsieur-le-Prince ; elle commençait à la rue de Vaugirard et se terminait à la place Saint-Michel (carrefour MéiFicis) au coin de la rue de la Harpe.

Page 1