‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 274 sur 286 · Ami de la Religion, XIII, 55 et lai ; LXXXVIII, i^l · texte numérisé non relu

Ami de la Religion, XIII, 55 et lai ; LXXXVIII, i^l

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sa parenté avec Georges Gadoudal, qu'il avait tenu à accompagner à Téchafaud, le fit exiler de Paris. Il se retira auprès de Tévêque d'Orléans qui lui confia une petite cure dans le département de Loir-et-Cher. A la mort de Mgr Dernier, en 1806, il sollicita l'autorisation de rentrer à Paris, tout ce qu'il obtint fut la permission de résider en Seine-et-Oise, où Mgr Charrier de la Roche le reçut avec bienveillance K Aussitôt après la chute de l'Empire, il reprit sa place dans le clergé de Saint-Sulpice et, en 1816, il se décida à accepter la cure de Saint-Germain-des-Prés. Il y resta jusqu'à sa mort, 26 mai i83i ; il était arrivé à l'âge de 80 ans*.

Le second vicaiie de Saint-Sulpice était M. Antoine Abeil, né dans le diocèse de Saint-Flour en 1768; il était le neveu de M. Cantuel de Blémur, curé de Saint- Séverin, qui, dès son ordination, se l'était attaché comme vicaire. Insermentés l'un et l'autre, l'oncle et le neveu quittèrent Paris dans la nuit du 9 au 10 août 1792, se rendant à Munster; en Allemagne, comme ensuite en Angleterre, M. Abeil donna des leçons dont le produit lui permettait de subvenir aux besoins de son vénérable compagnon.

Quand M. de Réra venant fut exilé, M. Abeil le suppléa, sans accepter le titre de premier vicaire ; en i8i3, il se laissa porter à la cure des Missions-Étrangères, bien que cette cure ne fût pas vacante. M. Desjardins, le pasteur légitime, était en prison, comme

I. On lui refuse quatre fois la permission de revenir à Paris : ait août 1807, ^9 janvier 1808, G février 181 3, 3 mars 181/i (Arcli. Nat., F*^ 6435, doss. qoBo).

a. Ami de la Religion, IX, 87 et /io3 ; LWIlï, 18/1 et 198.

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suspect au ré<?ime impérial. L'abbé Boucher, anciea aumônier du (^armel, avait cru devoir accepter cette succession irrégulièrement ouverte, mais avait proûté de la première occasion pour passera la cure de Saint- Merrv.

M. Abeil s'installa aux Missions ne se regardant que comme un intérimaire et en effet, dès qu'on apprit en i8i 4 que M. Desjardins était délivré, M. Abeil, dans une admirable lettre, annonça son intention de remettre la paroisse à son curé légitime^ ; il retourna à Sainl-Sulpice se placer au dernier rang des vicaires.

En 1817, la reconnaissance de M. Desjardins lui procura sa nomination au poste envié de « chefcier » dos Quinze-Vingts-. Quatre ans après, M. Abeil était nommé archiprétre de Notre-Dame, et, en 1825, vicaire général. Sa charité ne connaissait pas de limites, comme oussi la misère de la population qui grouillait dans les ruelles obscures et infâmes de la Cité. On a calculé qu'en neuf ans il distribua 3o.ooo francs d'aumônes, et, pour répondre à sa générosité, ses paroissiens le clierchèrent pendant les émeutes de i83o afin de le massacrer. Celte noire ingratitude Taflligea à un tel point qu'il perdit une partie de sa raison ; il donna sa démission de curé, de chanoine et de vicaire général et se retira dans l'île Saint-Louis ; confiné dans une obscurité complète, il ne songeait qu'à la mort qui arriva pour lui comme une délivrance, le a décembre 18/4/4^.

I. Ami de la HelUjion, tome premier, 26 juin 1814. 3. Ibid., \IV, loS et a 18.

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