‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 279 sur 286 · SAINT-ÉTIENNE-DU-MOXT · texte numérisé non relu

SAINT-ÉTIENNE-DU-MOXT

prêtres zélés qui y recevaient les catholiques peu désireux de fréquenter les églises constitutionnelles. C'est sans doute pour cela qu'elle fut érigée en paroisse en 1802, malgré la proximité de Saint-Étienne, de Saint-Nicolas-du-Chardonnet et de Saint-Séverin.

A la fin de 1808, elle fut définitivement supprimée et son territoire fut réuni en grande partie k celui do Saint-Séverin ; transformée d'abord en maison d'habitation, elle fut bientôt convertie en théâtre, et conserva cette affectation jusqu'au jour où le percement de la rue des Ecoles la fit disparaître ^

Le curé de Saint-Benoît fut M. Desmarest, né en 1764 dans le diocèse de Beauvais; réfractaire au serment, il avait été déporté en 1792 et rentra h Paris pour y prendre la direction d'une paroisse; en 1808, il fut curé de Saint- Valère et mourut en 1821 au moment où sa santé délabrée l'avait décidé à donner sa démission.

Douzième Arrondissement.

Saint-ÉtienneHla-Mont .

' A Saint-Étienne-du-Mont, il n'y eut pas de conflit entre les deux clergés, celui qui se retirait et celui qui allait lui succéder. Le dernier acte dressé par le constitutionnel Cady est du 17 mai, et l'installation de M. de Voisins n'eut lieu que cinq jours plus tard. Dans Tin-

I. M. G. Hartmann a publié dans le Bulletin de lu Société de r histoire da théâtre (njo^) une étude des plus intéressantes sur les destinées de l'église de Saint-Benoit de 1882 à i85.'i.

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tervalle, les actes sont signés par un ancien oratorien, le P. Montenoise et par un ancien augustin de la place des Victoires, le P. Ëngramelle, qui paraît n'avoir pas quitté le quartier depuis le commencement de la Révolution; il avait failli être surpris en 1798 disant la messe rue Saint-Étienne-du-Mont et les religieuses convaincues de l'avoir reçu avaient été guillotinées*.

M. François-Amable Dauzy de Voisins, né en 1766, appartenait au clergé de Saint-Sulpice depuis 1790, date de son ordination; insermenté en 1791, émigré peut-être, en 1792, il était certainement de retour en 1794, car, au lendemain de la Terreur, le 24 octobre 1794» il célèbre un baptême aux Missions et signe l'acte. En 1796, il habite rue des Gordiers, 585, et déclare exercer à l'oratoire de la rue du Pot-de-Fer-. Sous le Directoire, il dessert, conjointement avec M. Dessaubaz, la chapelle des Missions.

Nommé le 8 mai 1802 curé de Saint-Étienne-du- Mont, il prêta serment le 10 et fut installé douze jours après. Son ministère fut traversé au début par les manœuvres des constitutionnels qui avaient essayé d'entraîner à leur suite une partie des pai-oissiens à Saint-Séverin. Ces défections furent isolées, car les constitutionnels n'avaient plus la confiance des habitants et en voici la preuve :

J'ai relevé sur les registres de Saint-Jacques 432 baptêmes en 1800, 55o en 1801, 4i>i en 1802, puis 186 en i8o3 et 2i5 en 1804. Pourquoi celte brusque dimi-

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