LA. LIBERTE EN
tait de les enfermer dans la hideuse prison de Saint- Denys (Franciade, comme disait la nomenclature jacobine) et là ces vieillards et ces malades étaient soumis au régime cruel et infamant des malfaiteurs dans une répugnante promiscuité. Quant aux prêtres qui, ayant émigré ou ayant été déportés, avaient l'imprudence de prendre au sérieux les belles promesses de tolérance inscrites dans la constitution, et étaient revenus de l'étranger, ils tombaient sous le coup de la loi sur les émigrés ; une fois leur identité constatée,, une commission militaire pouvait les envoyer sans délai ni recours au peloton d'exécution.
Elle avait pourtant été conçue dans des intentionslibérales cette constitution de Tan III ! On l'avait faite en réaction contre les erreurs de celle de 1798, en haine surtout des violences et de l'arbitraire de la Terreur ; livrée pendant deux années à la tyrannie des comités, aux caprices des proconsuls, la France,, lasse d'être opprimée, avait salué avec joie l'avènement d'un régime de légalité. Mais il avait suffi de quelques décrets pour rendre i nutiles des dispositions bienfaisantes.
Le jour où l'opinion s'était prononcée contre le gouvernement issu du Jacobinisme, le coup d'état de fructidor avait balayé toutes les garanties que la constitution promettait aux représentants du pays. Les conseils, cessant de contrôler le Directoire, étaient devenus ses complices et de cette association sortit un des régimes les plus méprisables que la France ait jamais eu à subir.