FAUTES DU DIRECTOIRE
A l'intérieur, l'arbitraire, le désordre, la faiblesse et la violence ; à l'extérieur une politique de conquêtes destinée, disait-on, à propager l'idée républicaine, mais servant surtout à combler le trou béant du déficit à force d'exactions et de rapines.
La coalition des puissances étrangères menaçait nos frontières depuis les Alpes jusqu'à la Mer du Nord ; il fallait leur opposer des armées, multiplier les levées, au risque de mécontenter ceux qui ne soutenaient le régime que parce qu'ils avaient bénéficié d'exemptions scandaleuses ; tous ces soldats, il fallait les équiper, les nourrir, les payer et il fallait encore de l'argent ; or l'argent manquait et on recourut à l'emprunt forcé ; on taxa les riches de cent millions, mesure dangereuse parce qu'elle tuait le crédit public au moment où il aurait été nécessaire de le soutenir.
Les mécontents s'agitaient, se groupaient ; on prétendit les intimider en renouvelant la loi des suspects ; on ne fit qu'attiser les foyers insurrectionnels de l'Ouest et, petit à petit, le soulèvement s'étendit vers le Centre, ce qui allait permettre aux chouans de donner la main aux bandes qui désolaient le Midi.
Enfin, pour les catholiques, le Directoire avait commis une faute, plus lourde, plus impardonnable que les autres, en portant une main sacrilège sur la personne du Souverain Pontife ^.
Enlevé de Rome, Pie VI avait été d'abord interné à
I. Uouvrage le plus récent et le plus complet sur la vie de Pie VI est celui de M. le chanoine Gendry. (Pie F/, sa vie, son pontificat, 2 vol. 8', chez Picard).