‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 66 sur 286 · Ibid., Il, /î · texte numérisé non relu

Ibid., Il, /î

lOa RÉTABLISSEMENT DU SÉMINAIRE

d'Amiens, pendant que son frère, Mgr Clausel de Montais, était évêque de Chartres.

Ainsi, avant même que l'Ëglise eût repris le droit de vivre, la prévoyante sollicitude de M. Émery avait pourvu au recrutement du clergé et rien n'était plus nécessaire que de s'en préoccuper ; des vides se creusaient profonds, insondables ; chaque jour la mort enlevait quelqu'un de ceux qui avaient traversé intacts les épreuves révolutionnaires et qui disparaissaient sans qu'on pût trouver des continuateurs pour leurs œuvres.

Il n'était que temps de songer au lendemain : une riche moisson allait lever et les bras manquaient pour la récolter ; il fallait sans retatd préparer une génération nouvelle d'ouvriers évangéliques ; pensant aux inévitables difficultés du lendemain, le Supérieur de Saint-Sulpice avait compris que si c'est un long travail de former un prêtre, il n'était que temps de se mettre à l'œuvre ; c'est à lui qu'il faut attribuer ce renouvellement des vocations sacerdotales qui devait fournir de sujets d'élite le clergé de France et en particulier celui de Paris ^

I. Los prêtres de Saint-Sulpicc n'ctaienl pas seuls à se préoccuper du recrutement du clergé : dans plusieurs paroisses il avait été établi de petites écoles sacerdotales, où des jeunes gens faisaient les études nécessaires pour parvenir aux saints ordres ; <( une des choses qui les occupent (les prêtres catholiques) <( essentiellement dans ce moment ce sont les moyens de faire « dos recrues. Dans plusieurs oratoires, notamment dans celui « de l'enceinte de l'Abbaye, on enseigne et on dispose des jeunes « gens de 20 à 26 ans, et même plus jeunes encore, pour leur

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« donner les ordres ». (Arch. Nat , F^ SSag, ti prairial). Jl «cmblerail, d'après cette information, qu'il s'a^risse de véritables séminaires où des curés recevaient des sujets d'un certain àgo ; mais y étudiaient-ils la théoloj^ie, ou bien leur faisait-on faire lin rapide cours d'humanités qui devait les mettre à même d'aller faire leur théologie à Saint-Sulpice ? c'est ce que je ne suis pas en mesure de dire. En tout cas, les candidats au sacerdoce paraissent assez nombreux, à en juger par la fin du rapport cité plus haut : « l'évéque de Saint-Papoul a fait, il y a quelques « mois, une vingtaine de prêtres, mais il a bien promis que sa <( prochaine ordination, qui doit avoir lieu le lo prairial (3o mai), « serait plus considérable ».

Ce que le rapport ne dit pas, c'est que la plupart tles ordinands appartenaient à des diocèses de province et devaient presque tous y retourner, comme il résulte dn registre des ordinations faites par l'évéque de. Saint-Papoul.

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