‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 67 sur 286 · LE CONCORDAT · texte numérisé non relu

LE CONCORDAT

Talleyrand et Bernier. — Les cinq premiers projets de Concordat. — La machine infernale. — Nouvelles rigueurs de la police. — Menée des constitutionnels. — Le Concordat à Rome. — Retards de la réponse. — Fureurs de Bonaparte. — Arrivée à Paris du cardinal Consalvi. — La signature du Concordat.

Le 5 novembre 1800, Mgr Spina et son compagnon arrivaient à Paris et allaient descendre dans un hôtel meublé de la rue Saint-Dominique. Leur première visite fut pour l'ambassadeur espagnol, le marquis de Muzquiz, auquel ils étaient recommandés par Tintermédiaire de Mgr Casoni, nonce à Madrid. Avec une mission aussi strictement délimitée que la sienne, Spina devait s'abstenir de toute relation officielle avec le corps diplomatique ; mais Muzquiz, qui représentait à Paris la seule grande puissance catholique qui fût en paix avec la France, voulut rendre au commissaire pontifical tous les services officieux qui dépendaient de lui ; il le renseigna sur les usages protocolaires, les démarches qu'il fallait faire et celles qu'il fallait éviter ; il lui donna aussi sur les hommes et les choses les discrètes indications qui permettent de ne pas marcher à l'aveugle et de ne pas faire de la meil-

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leure foi du monde des impairs impardonnables. C'est à ce Mentor bienveillant que Spina dut en grande partie l'attitude correcte qui ne laissa aucune prise à ceux qui ne lui voulaient pas de bien.

Muzquiz mit à la disposition de Spina les courriers qu'il envoyait porteurs de dépêches ; la détresse du Saint-Siège n'avait pas permis de lui ouvrir le crédit nécessaire pour l'envoi d'exprès ; un seul courrier. Livio Palmoni, avait accompagné les envoyés pontificaux à Paris, et il leur était recommandé de ne le faire repartir que le jour où le texte des arrangements serait k peu près définitivement fixé. Spina en était donc réduit à se servir de la poste ou d'occasions hasardeuses, ce qui exposait ses lettres à de grands retards et, ce qui est pis encore, à l'indiscrétion du Gouvernement.

Mis en garde contre les intrigants auxquels se livre quiconque admet près de soi des inconnus. Spina se confina d'abord dans sa chambre d'auberge, fermant sa porte à tous, même à M. Émery, qui essaya en vain de pénétrer jusqu'à lui ^ ; ce n'est que plus tard que, mieux au courant des dispositions des individus qui demandaient à le voir, il admit quelques prêtres de relations sûres. Mais au début, il s'isola dans son rôle de négociateur et ne vit que ceux qui lui étaient désignés comme interlocuteurs dans les pourparlers,^ et ces pourparlers ne devaient pas tarder à s'engager.

En sa qualité de Ministre des Relations Extérieures, Talleyrand était le premier de ces interlocuteurs. Encore qu'il affectât en toute chose une hautaine indif-

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