B. III
Il6 NOUVEAUX PROJETS
tion, ou plus exactement l'admission à la communion laïque n'est pas une peine, mais une grâce accordée au repentir et qui doit être précédée d'un temps de pénitence et d'épreuve proportionné à la faute. Elle n'a donc pas pour effet, comme semble le croire d'Hauterive, de libérer l'ecclésiastique rebelle à sa vocation et dégoûté de son état. Au fond, la formule qui était présentée ne disait pas ce qu'on voulait lui faire dire, et si on l'avait dégagée des hypocrites ambiguités qui l'enveloppaient, elle eût été celle-ci : « Le Saint-Siège « dégagera tous les apostats de leurs obligations sacer- « dotales ; il les autorisera à mener la vie des laïques « et ne trouvera pas mauvais qu'ils contractent « mariage ». Nous verrons jusqu'à quelle extrême indulgence le Cardinal Gaprara sera autorisé à en venir avec ces malheureux ; mais si larges qu'aient été les concessions, elles étaient accompagnées de réserves qui sauvaient le principe du célibat ecclésiastique, et surtout empêchaient toute extension abusive d'une grâce qui n'était accoî^dée que dans des cas, nombreux, il est vrai, mais très strictement délimités.
Ces deux articles étaient particulièrement épineux parce qu'ils dégénéraient fatalement en irritantes questions de personnes. Ils disparurent du troisième projet qui fut peut-être de tous celui qui se rapprochait le plus de celui que Spina eût pu accepter. Ce troisième projet, rédigé deux jours après l'attentat de la rue Saint-Nicaise, paraît avoir été dicté par le désir sincère d'une conciliation. On avait cru d'abord que la machine infernale était l'ouvrage du parti jacobin ; on avait arrêté beaucoup de révolutionnaires ; on en avait