‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 73 sur 286 · NOUVEAUX PROJETS II · texte numérisé non relu

NOUVEAUX PROJETS II

condamné plusieurs, on en avait même exécuté deux, et la police du préfet Dubois s'était engagée sur une fausse piste. Fouché, qui en savait probablement plus long qu'il n'en avait dit tout d'abord, avait laissé son subalterne et rival s'enferrer, puis il agit à son tour, et fît arrêter la plupart des véritables auteurs de l'atlen* tat : or, c'étaient des royalistes.

Cette découverte détruisit pour toujours le désir que Bonaparte aurait pu avoir de s'accommoder avec un parti qu'il avait cherché à séduire et qui répondait à ses avances par une tentative d'assassinat. Le clergé émigré subit le contre-coup de ce changement d'orientation ; le quatrième projet de concordat s'en ressent : les intrus et les apostats reparaissent, les exigences deviennent de moins en moins acceptables et le rédacteur emploie même à dessein des expressions inutilement blessantes.

A la même époque, et pour la même cause, commençait une campagne de presse destinée à combattre devant le public les concessions qu'on croyait avoir été obtenues par l'Ëglise. Si le secret avait été religieusement gardé à Rome, il n'en était pas tout à fait de même à Paris. Des indiscrétions calculées laissaient passer quelques bruits qu'il n'y avait plus qu'à commenter et, pour compromettre les prêtres, c'est à eux qu'on attribue les bavardages. Le rapport du Préfet de Police du 5 ventôse (24 février) donne un exemple typique de cette méthode malhonnête : « Les prêtres << font courir le bruit que le Gouvernement va salarier

Il8 CAMPAGNE CONTRE l'ÉGLISE

« un certain nombre * d'évêques et de curés ; les par- (( tisans de la constitution de l'an III (ceux qui regretce taient le régime directorial) applaudissent à ce projet <( et Ginguéné a dit... que s'il était exécuté, ce serait (( un moyen d'arriver à une catastrophe que ces hommes « désirent 2. »

Les policiers se mirent de nouveau à fréquenter le& églises et à entendre des sermons. D'abord, ils ne remarquent rien : après la machine infernale, toutes les églises, sans exception, ont été en fête ; partout on a chanté le Te Deum, et le i" janvier 1801 (11 nivôse), les Protestants ont aussi célébré un service d'actions de grâces 3. Le 28 décembre, aux Carmes, Dernier a prêché et béni le Ciel d'avoir sauvé la vie de celui « par qui « les temples sont rouverts, par qui la paix de la (( tolérance a été proclamée ». Le 18 janvier, fête de Saint-Sulpîce, Dernier prêche encore aux Carmes et proclame- que le peuple doit sa confiance à un « Gouvernement juste, bienfaisant, protecteur de « la Religion ». M, de Maillé avait officié pontificale-

1. Dans l'ouvrajçe de M. Aulard : Paris sous le Consulat (t. II» p. jqS), ce texto est repiodiiit avec la variante : Un grand nombre. Je fais cette rectilication en déclarant que, dans les cinq on si\ ffros volumes édités par M. Aulard, je n'ai trouvé quo cette unique erreur de transcription. Je n'ifynore pas qu'on a prétendu que les e\:trails de documents réunis par M. Aulard <lans son utile publication avaient été reloucliés, et toujours dansun sens hostile à l'Eglise. Je puis attester qu'après avoir très attentivement contrôlé les citations de M. Aulard, je n'y ai pas trouvé d'autre erreur modifiant quelque peu le sens de la pièce. On doit la vérité à ses amis et aussi à ses adversaires.

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