‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 8 sur 286 · PP · texte numérisé non relu

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AGONIE DU DIRECTOIRE * Il

En tout cas, le crime, et c'en fut un, ne profita pas à ses auteurs. La France ne fut pas sauvée parce qu'un Pape était mort, elle ne le fut pas plus parce que les Jacobins avaient voté quelques lois vexaloires de plus ; ils s'étaient imaginé, revenant aux traditions persécutrices, renouveler ainsi, dans un mouvement héroïque, le sublime élan qui, lors de la première coalition, avait réconcilié tous les bons Français dans une commune pensée de défense nationale. Ils n'avaient plus ni Danton, ni Garnot pour les conduire à la victoire : Garnot était déporté ; Danton avait été guillotiné et eux, politiciens assagis, parce qu'ils étaient repus, ilsn'étaient plus accessibles aux saints enthousiasmes du patriotisme.

Pendant quelques semaines, une poignée de terroristes s'était battu les flancs pour faire croire au réveil de l'esprit révolutionnaire ; à côté des deux Gonseils» complices, d'abord, ou dupes, ils avaient prétendu créer une troisième assemblée qui serait à la fois le club des Jacobins et le Comité de Salut Public. Expulsés bientôt du Manège où les avait installés une hospitalité inconsidérée, ils se réfugièrent dans l'église de Saint-Thomas-d'Aquin, alors désaffectée et affublée du nom quelque peu dérisoire de « Temple de la Paix » I Ils s'épuisèrent en motions sanguinaires et en métaphores démodées, comme leurs idées ; ils disparurent en laissant derrière eux comme un relent de guillotine hors de service.

Le Directoire, qui s'était montré énergique pour mettre fin à cette parade sinistre, revint à la manière forte, délaissée au lendemain du 3o prairial ; les révo-

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