I. Église de Paris, III, gS
l3o INTERVENTION DE CACALLT
France ^ Son caractère de ministre n'était pas encore officiel et ne devait le devenir que le jour où le (Concordat serait signé ; mais il montrait qu'à Paris on l'avait mis au courant de la négociation pendante ; ce qu'on savait de ses dispositions permettait d'espérer qu'on trouverait en lui un auxiliaire si on lui donnait satisfaction et il y avait lieu de craindre qu'en le blessant par un refus, on provoquerait quelque représailles. On lui communiqua donc toutes les pièces ^ ; il fît des objections qu'il fallut discuter et cela dura jusqu'au jour où Gonsalvi s'aperçut que Cacault ne connaissait pas même l'existence du projet confîdentiellement communiqué par Dernier. Il n'y avait pas lieu de prolonger une discussion inutile avec un agent qui ne savait pas ce que son Gouvernement était disposé à concéder *. On se décida à faire repartir Livîo, mais on était au 12 mai et d'inutiles débats avaient fait perdre vingt-cinq jours ! Arrêté par le mauvais temps.
1 . Consaivi à Spina, 9 avril (B. II, 200) ; 1 1 avril (Ibid., ao5- 206) ; 1 5 avril (/6td., 208-209) ; 18 avril (Ibid., 225-227); 24 avril (Ibid., 24i-24a) ; Cacault à Talleyrand, 19 f^erminai-g avril (B, II, 201-202) ; 1" floréal, 21 avril (/6td., 230-287) ;Ghislieri à GoUoredo, 18 avril (/6td., 218).
2. Pendant que se poursuivaient ces néji^ociations absolument confidentielles, les bruits les plus absurdes ne cessaient de circuler à Paris : « On assure que Tambassadcur de la République « à Rome est chargé de traiter avec le Pape les intérêts du clergé (( de France ; qu'on est d'accord sur tous les points, hors un « seul : les mariages des prêtres, mais qu'il n'empêchera point « d(; terminer la négociation » (Arch. Nat., F' 8829, 12 floréal) ; — Consaivi à Spina, i5 avril (B. II, 209).
3. Cacault à Talleyrand. 6 noréal-2G avril (B. II, 24G-2'i9) ; 13 floréal-:? mai (B. II, 255-258).
/i. Consaivi à Spina, 2 mai (B. Il, 2C1).
RUPTURE l3l
le fidèle courrier faillit se noyer auprès de Gênes en franchissant la Scrivia débordée et cependant, le 23 mai, dixième jour après son départ, il était à Paris. C'était bien tard * !
Pendant que le temps passait, les adversaires du Concordat avaient eu le champ libre et exploitant la situation un peu fausse de Spina, l'avaient mis en demeure de signer tel quel un projet (n" G) rédigé depuis le départ du courrier 2. Quand il s'excusait en répétant qu'il n'avait pas les pouvoirs nécessaires, on s'exclamait et on accusait la « duplicité romaine » ; on donnait raison à Grégoire qui avait bien dit qu'il y aurait à lutter contre des adversaires de mauvaise foi. A mesure que le retard augmentait, on en cherchait les motifs secrets : Rome intrigue avec l'Autriche, l'Angleterre ou la Russie, avec ces trois puissances, peut-être, et essaie de gagner du temps afin de se dégager vis-à-vis de la' France le jour où elle aura noué contre elle une nouvelle coalition 3.
Le Saint-Siège, obéissant à un sentiment très noble, avait évité avec soin de joindre à la négociation le règlement des affaires temporelles qui étaient pendantes : sans parler d'Avignon et de Carpenlras, les
1. Gonsalvi à Spina, 11 mai (B. II, 892) ; 12 mai (Ibid., Sijft) ; 2'i mai (B. III, 3-/i).
2. Gonsalvi à Doria, 21 juin (B. III, 109) ; Bernier à Spina, i5 juin(B. VI, 5i-56).
3. ïalleyrand à Cacault, i3 mai (B. II, 899-^01) ; Bernier à Gonsalvi, i3 mai (B. II, l^ol^l^ol^) ; Bernier au Premier Consul, U mai (B. II, /io/i-Ao5) ; Spina à Gonsalvi, 16 mai (B. II, /lOÔ-ZioC) ; • G mai {Ibid., 4i3-/ii5) ; 19 mai (Ibid., /ii6-/|i8).