I 32 RUPTURE
trois légations de Romagiie étaient occupées par les troupes françaises qui faisaient mine de s'y installer définitivement, grâce à une interprétation contestable du traité de ïolentino; les contributions de guerre continuaient à écraser le pays et l'entretien du corps d'occupation était à la charge de la population ; une nuée de tripoteurs réclamaient d'êlre remboursés des avances consenties à l'éphémère république romaine. Pie VII, établissant une distinction absolue entre les attributions du Chef de l'Église et. du souverain de l'État pontifical, avait défendu à Spina de se mêler des questions qui n'étaient pas d'ordre purement spirituel : il ne voulait pas qu'on pût dire qu'il avait sacrifié quelque chose de la doctrine catholique pour obtenir des concessions d'ordre terrestre.
Sa discrétion était cependant loin d'être imitée par les Français : il était bruit d'une invasion prochaine des territoires pontificaux ; une armée allait marcher sur Rome et y dicter la loi ^. Bonaparte s'emportait, annonçait qu'il allait se faire protestant et la France avec lui ; d'autres fois, il rêvait d'une église nationale, avec un patriarche qui eût été Grégoire ou bien Bernier. Mais Bernier pressenti avait répondu, dit-on : « Qu'on me ramène aux carrières ! Mon chien me défendra encore contre les Bleus ^l » Puis ïalleyrand insinuait que Bernier patriarche ne serait qu'une réédition de Gobel ou de M. de Jarente : l'expérience qu'on avait faite en 1791 devait suffire 3.