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LE CAUD1?ÏAL CONSALVI A PARIS

neuf, étaient remplies de brillants uniformes. Spina avait fait demander quel costume devait prendre le cardinal : « — Le plus cardinal que possible », avait répondu Bonaparte ; il n'était pas médiocrement satisfait de montrer à la foule étonnée un Prince de l'Église, un premier ministre du Pape, exhibant sa pourpre dans les salons où régnait naguère le bonnet rouge.

CoQsahi, en soulanelle noire, mais avec les bas, le col, la calotte et le chapeau de cardinal, fut introduit par le Ministre de rintérieur, Chaptal. Le Premier Consul flt quelques pas pour aller au-devant de lui, puis, l'entraînant dans un coin de la pièce, il eut avec lui un entretien qui dura trois quarts d'heure. Après s'être excusé des soupçons qu'il savait maintenant n'être pas fondés, le Premier Consul enlra dans le vif du sujet, exprima courtoisement l'espoir que toutes les difficultés allaient s'aplanir, mais il termina sur cette injonction quelque peu comminatoire : « Je veux que tout soit signé dans cinq jours. » Consalvi, tout en montrant combien il était flatté de la réception qui lui était faite, ne laissa pas ignorer que si son désir était de trouver, et promptement, un terrain d'accommodement, il n'avait pas le droit de dépasser les intentions du Souverain Pontife, car, en le faisant, il s'exposait à un désaveu. Si ce qui sortait des négociations n'était pas en conformité avec la doctrine catholique, ce n'était plus le cafholicisme qui était restauré, mais un culte nouveau dans lequel le Pape n'avait rien à voir. Quant au délai de cinq jours, tout ne dépendait pas de lui, mais il mettrait toute

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sa bonne volonté pour tenniner le plus vite possible *.

La base des pourparlers n'était plus le projet n° 5, celui qui avait été envoyé à Rome, mais un projet n"6, celui qu'on avait présenté à Spina le 17 juin et qu'on avait voulu le forcer à signer dès qu'il avait reçu ses lettres de créance en qualité de ministre plénipotentiaire. Toutes les conditions inacceptables y étaient reproduites; le préambule ne donnait aucune des satisfactions espérées pour le caractère de religion privilégiée réclamé pour le catholicisme; tout ce qui se rapportait aux démissions, aux nominations, à la nouvelle division des diocèses, à la formule de serment, aux prêtres mariés, reparaissait avec aggra* vation 2.

Pendant cinq jours, on discuta pied à pied avec Bernier, et le 27 juin, Talleyrand, qui avait donné un grand dîner en l'honneur du cardinal, lui remit, en prenant congé de lui, un long mémoire accompagné d'un texte, celui du projet n" 72.

Aussitôt de retour dans son hôtel, Consalvi se mit à lire avec une fiévreuse anxiété, mais, hélas I il n'avait été tenu aucun compte de ses observations en ce qui touchait la profession de catholicisme demandée aux Consuls et sur la forme dans laquelle la démission était imposée aux anciens évêques*.

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