Gonsalvi à Doria, 2 juillet (B. III, i55-i
3. Correspondance de Napoléon, n* 5629 ; Coblonlz à Colloredo, 8 juillet (B. ni, 180).
l4o DER!fll:RES NÉGOCIATIONS
Le 13 juillet, la date de la signature fut fixée au lendemain par un arrêté des Consuls ; Joseph Bonaparte et le conseiller d'Ëtat Crétet étaient désignés avec Bernier comme plénipotentiaires pour figurer au traité en face de Consalvi, Spina et Caselli.
On touchait au but, mais il n'était pas encore atteinte Le i3au matin, Bemier écrivait à Gonsalvi : « ... voyez ce qu'on vous proposera d'abord : lisez-bien, examinez tout et ne désespérez pas 2. » Que voulait dire cet avertissement mystérieux ?
Le rendez-vous était pour 8 heures du soir dans rhôtel du Faubourg Saint-Honoré qu'habitait Joseph. Ni le frère du Premier Consul, ni Crétet n'étaient au courant de rien ; ils n'avaient suivi que de très loin des négociations auxquelles ils pensaient devoir toujours rester étrangers. Joseph était près de sa femme qui venait d'être prise des douleurs de l'enfantement ; croyant n'en avoir que pour quelques minutes, Crétet avait ordonné à son cocher de l'attendre à la porte. La séance commença : elle devait durer vingt heures.
Dès qu'il eut jeté les yeux sur le texte qu'on l'invitait à signer, Consalvi sursauta : ce n'était plus celui sur lequel on avait si laborieusement fini par tomber d'accord. Toutes les concessions s'étaient évanouies; on ne s'engageait plus à autoriser l'ouverture des séminaires et à fonder des chapitres ; les prêtres mariés reparaissaient ; il n'était plus question du catholicisme des Consuls et la publicité du culte était