GRÉGOIRE
joyeusement en prison ; des curés de Paris, comme Brongnard et Bénière, montent courageusement à réchafaud; ce serait un chapitre édifiant de l'histoire de réglise constitutionnelle, si, au second plan, on ne voyait se masser des milliers de lâches qui ont renié leur sacerdoce et qui se sont mariés.
Voici enfin l'aurore de la liberté qui luit en 1796 : c'en est fini du schisme qui a perdu toute existence légale, c'est-à-dire sa seule raison d'être. La loi Tignore désormais et parmi ses partisans se dessine un large mouvement de retour à l'unité. Ils sont probablement de bonne foi, ceux-là, se persuadant que leur devoir était de s'incliner devant la législation religieuse que le pays avaient acceptée, mais maintenant que toute liberté leur est rendue, ils vont enfin se réfugier dans le sein maternel de l'Église qui leur tend les bras, prête à leur pardonner leurs égarements.
Ainsi raisonne le plus grand nombre, mais il en est d'autres qui demeurent attachés à cette constitution qui a disparu ; la lettre en est effacée, mais son esprit survit en eux. C'est à eux qu'est réservé, disent-ils, l'honneur de perpétuer les résistances gallicanes en face des menées de la Cour romaine ; à la voix de Grégoire, les cadres se reforment autour du bataillon sacré dont les « évêques réunis )) se font les chefs ; on voit se grouper à leurs côtés ceux qui ont traversé la bataille en gardant leur honneur intact et aussi quelques éclopés, qui arrivent l'oreille un peu basse parce qu'ils n'ont pas su faire très honorable figure devant les persécuteurs, mais d'autant plus décidés à reparer leurs défaillances par un redoublement de zèle.