‹ L'église de Rome est l'ennemie de la Sainte Vierge et de Jésus Christ [microforme]Chapitre 4 sur 6 · LE BON PÈRE ET L'ENFANT PRODIGUE · texte numérisé non relu

LE BON PÈRE ET L'ENFANT PRODIGUE

“ Jésus leur dit ancore: * Un père avait deux fils, dont le plus jeune lui dit: Mon père, donnez-moi ma part de ce qui doit me revenir de votre bien ; et le père fit le partage de son bien. Peu de jours apres, le plus jeune de ses enfants, ayant amassé tout ce qu'il avait, s’en alla dans un pays étranger fort éloigné où il dissipa tout son bien en excès et en débauches.

“ Après qu'il eut tout dépensé, il survint une grande

“ famine en ce pays là, et il commença à tomber en

nécessité.

“ [] c'en alla donc et il s’attacha au service de l'un

‘des habitants du pays, qui l'envoya à sa maison des

champs, pour garder ses pourceaux.

« Et là. il eut été bien aise de remplir son ventre des

: écosses que les pourceaux mangeaient, mais personne

ne lui en donnait.

“ Enfin, étant rentré en lui même, il dit: Combien y at-il, chez mon père, de serviteurs à gages qui ont

‘plus de pain qu’il ne leur en faut, et moi je meurs

de faim.

“ [] faut que je parte, et que j'aille trouver mon père, et que je lui dise: Mon père, j'ai péché contre Île ciel et contre vous. Je ne suis pas digne d'être appelé votre fils, mais traitez moi comme l'un de vos serviteurs qui sont à vos gages.

“ J1 partit donc et vint trouver son père.

“ Lorsqu'il était encore loin, son père l'aperçut; il en

“fut touché de compassion, et courant à lui, il se jeta “à son cou et le baisa.

“ Son fils lui dit: Mon père j'ai péché contre le ciel “et contre vous, je ne suis pas digne d’être appelé “votre fils.

“Alors le père dit à ses serviteurs: Apportez “promptement la plus belle robe et l'en revêtez, mettez “Jui un anneau au doigt et des souliers aux pieds ; “amenez aussi le veau gras et le tuez : mangeons et “ faisons bonne chère.

“ Parceque mon fils, que voici, était mort, et il est “resuscité : il était perdu, et il est retrouvé.”

(St. Luc, Chap. XV.)

Comment lire cette histoire de l'enfant prodigue, sans verser des larmes d’attendrissement et d’admiration sur la bonté, la douceur, l’inépuisable tendresse de ce bon père! N’avait il pas mille sujets de plaintes contre son coupable enfant? Ne pouvait il pas lui adresser les reproches les plus mérités ? Son cœur de père n'aurait il pas dû perdre de son affection, après une si longue et si cruelle absence! Les haillons dont il était couvert n'étaient-ils pas autant de témoins de ses honteux excès! Mais rien de semblable n'apparait dans cette divine parabole de l'enfant prodigue, où Jésus a voulu se dépeindre lui-même, tel qu'il est “le père toujours tendre, toujours compatissant, toujours patient, toujours miséricordieux jusqu’à l'infini !”

Ne semble-t-il pas visible que notre bon et adorable Sauveur Jésus a voulu confondre, et détruire d'avance les sophismes et les blasphèmes de l'Eglise de Rome dans cette parabole ?

Oh ! le pauvre enfant prodigue connaissait bien le cœur de son père, lorsque du fond de sa profonde misere, il s'écriait: “Il faut que je parte d'ici et que j'aille

trouver mon père !”"—Voyez vous comme c'est vers son père seul que se tournent ses pensées et son cœur! comme c'est vers son père sex/ qu’il s'avance : comme cest sor père seul qu'il rencontre! comme c’est à son père seul qu'il parle ! comme c'est de son père seul qu'il reçoit son pardon !

D'un bout de l'Evangile à l’autre, la vérité Ja plus certaine et la plus souvent exprimée ; je dirai plus, la vérité par excellence, la grande vérité qui ressort à chaque page, à chaque mot de l'Evangile, c'est que Jésus est la personnification, l'incarnation, si l'on peut s'exprimer ainsi, de la miséricorde, et de l'amour et de la compassion infinie de Dieu le Père pour l'homme, ct l'homme pécheur ; car il n'y en n'a pas d'autre. Chaque page, chaque parole de l'Evangile est la preuve irrévocable que Jésus, et Jésus se// est par excellence l'ami, le Sauveur du pécheur pénitent. Et la parabole de l'enfant prodigue est la plus sublime expression en paroles, comme le Calvaire est la plus sublime preuve en action, de l'amour infini, incompréhensible de Dieu pour l’homme coupable. Le grand désir de Jésus- Christ, c'est que les hommes croient à cet amour, à cette charité, sans bornes, dont son cœur et son âme surabondent pour eux.— Jésus veut, j'oscrais dire que la grande ambition de Jésus-Christ est que les hommes comprennent qu'ils n'ont jamais été aimés par personne comme ils ont été aimés par LUI, et que jamais personne ne pouvait les aimer comme il les aime.

En lisant l'histoire de l'enfant prodigue, on sent que J.-C. veut absolument écarter la monstrueuse idée qu'il puisse y avoir quelqu'un, sur la terre ou dans le ciel, dont le cœur soit plus charitable, plus compatissant, plus aimant que le sien, pour le pauvre enfant prodigue.

Voyez avec quel soin le Sauveur ne met absolument

personne entre le père et le fils coupable! Vous ne voyez ni frères, ni SŒurs, ni mère, ni anges, ni saints, ni saintes intervenir dans cette divine réconciliation de l'enfant déchu d'Adam, avec son Pcre Céleste, son Sauveur et son Dieu! Oh! quel nouvel outrage Île coupable enfant n'aurait-il pas fait subir au cœur de son pere, s'il eût dit : “J'ai tant offensé mon pere qu'il ne

“voudra pas me recevoir nim'écouter... [l faut que “je jui fasse parler par quelqu'autre... Je n'ose me “présenter moi-même avec ces haillons... il ne me “recevra pas. Je vais faire plaider ma cause par

“quelqu'un de ces meilleurs anis, par mon frere qui “l'a toujours si fidèlement aimé!” Ne sent-on pas qu'un parcil langage eût été une insulte à l'amour du bon père... et qu'en laissant entrer dans son cœur des sentiments de défiance sur sa bonté, l'enfant prodigue se serait rendu, plus que par tous ses autres exces, indigne du pardon qu'il venait chercher ?...

Et, cependant, telle est la déplorable doctrine de l'Eglise de Rome : elle voit le pauvre enfant prodigue accablé sous le poids de sa misère ; et au lieu de lui montrer le Sauveur, le Jésus de l'Evangile fowjours prét à ie recevoir entre ses bras, toujours prèt à lui donner le baiser de paix, foujours prèt à oublier le passé au premier cri de douleur échappé d'un cœur répentant ; elle lui montre un Jésus, un Sauveur tout différent, un Sauveur toujours irrité, de mauvaise huineur, quine peut ètre abordé que par des saints, des saintes... Le pécheur, dans l'Eglise de Rome, est averti de se tenir à une grande distance de son Pere irrite ; il ne peut pas embrasser ses pieds, ni se jeter entre ses bras, et l'arroser des larmes de sa douleur, sans avoir auparavant fait parler pour lui tous les anges €t ics saints du Paradis.

Si un prètre de l'Eglise de Rome eût rencontré l'enfant prodigue qui s'en retournait vere son père, que lui eüt-il dit, s'il lui avait parlé comme son église parle aujourd’hui au pécheur? Il n'aurait pu lui tenir d'autre language que celui-ci: “Mon pauvre enfant, tu fais “bien de revenir à ton père demander pardon pour “tes crimes ; mais ta conduite a été si coupable, qu'il

doit étre bien irrité contre toi... En vérité, tu cours “crand risque de n'étre pas écouté du tout ou au “moins d'etre mal recu par ton père... Prends mon “conseil : tu as dans la maison de ton père un frère “ dont la conduite a toujours été sans reproches : vas à “lui d'abord, et prie le de demander pardon pour toi “a ton père... Ce qui te sera refusé à cause de ton “abominable vie et de ta noire ingratitude, sera aisé- “ ment accordé à la prière d'un ‘enfant aussi vertueux

que ton frere.”

Mais l'enfant prodigue aurait répondu au prètre de Rome : “ Ah! vous ne connaissez pas le cœur de mon “pere, puisque vous tenez un pareil language : quoi- “que je sois indigne d'être appelé son enfant et de “ m'asseoir à sa table, il est si bon que, j'en suis certain, “il m'aime encore. Personne ne m'a jamais aimé com- ‘me mon père m'a aimé ; il est le meilleur, le plus “tendre des pères. Prètre de Rome, ne m'empèchez “pas d’aller à lui... Je vais me jeter à ses pieds. “je veux lui parler moi-même... Je sais qu'il n'y a “ personne dans la maison de mon pere ni ailleurs, dont “Ja charité et la compassion puissent égaler la sienne. “Oh! si vous connaissiez quel père j'ai abondonneé ! * Si vous eussiez vu ses larmes et sa tristesse lorsque “je me suis éloigné de lui! Si vous eussiez entendu ses “sanglots, si vous eussiez vu sa douleur amere, lors-

‘que je l'ai quitté! Loin de me donner des pensés

“de défiance contre sa miséricorde ; loin de me dire “ l'aller à d'autres, pour me préparer les voies du re- “tour, vous me diriez de courir à lui, et à lui seul. “Prêtre de Rome, aurait dit l'enfant prodigue, vous “ne connaissez pas mon père! passez votre chemin! “ Laissez-moi aller tout droit vers lui ; car, moi, je le “connais! Puisque vous ne connaissez pas mieux mon “père, prêtre de Rome, cessez de chercher à diminuer “la confiance que j'ai dans sa bonté ; retirez-vous! Si “vous saviez ce que j'ai souffert depuis que j'ai laissé “mon père! Combien je souffre encore à chaque ins- “tant où j'en suis séparé! Si vous saviez combien j'ai “hâte de le revoir, de me jeter à ses pieds, vous ne “rendriez pas la voie de mon retour plus longue “qu'elle ne l’est déjà ! Prètre de Rome, ne m'empèchez “pas d'aller à mon père tout droit ; c’est lui, lui seul “que j'ai contristé, offensé : c'est de lui seul que je “veux avoir mon pardon. Oh! depuis le jour où je “ me suis dit: “Je vais aller vers mon pere ;” et où “je me suis arraché des lieux témoins de ma profonde “misère, pour revenir vers lui, si vous saviez de quelle “joie mon cœur est inondé, malgré la honte et la “douleur que j'ai de mes égarements j'ai cette “espérance en moi que mon père va me recevoir avec “bonté—Oh! prètre de Rome, je vous en conjure, “ne m'arrachez pas, ne diminuez pas, cette espérance “qui fait ma force et ma joie sur la voie du retour “vers mon père ; ne me troublez plus, je vous en prie. “Je vais vers mon père... et rien au monde ne “ m'empèchera de me jeter à ses pieds et de lui parler “ moi-même !”

Et si le prètre de Rome eût voulu développer ses sophismes pour prouver la nécesité de se chercher quelqu'un pour apaiser la colère de son père irrité, l'enfant

prodigue se serait bouché les oreilles, en s'éloignant avec tristesse et dégoût d'un homme qui connaissait si peu le cœur de son pere ; il aurait hâté ses pas pour regagner le temps que le prètre de Rome lui aurait fait perdre.

Pour tromper les peuples et leur faire mieux avaler le poison de ses désolantes doctrines, l'Eglise de Rome est sans cesse à dire que le cœur d'une femme, d'une mére, est toujours plus tendre et plus sensible que celui d'un homme, d'un père. Mais appliqué à l'amour de Jésus-Christ pour l'homme, cette comparaison est infiniment grossière et blasphématoire... Elle est un outrage à Marie comme à Jésus-Christ.

Lorsque cet argument sera examiné de pres, il n'y a pas un prètre romain qui n'en rougisse ; iln'y a pas un seul membre de l'Eglise de Kome qui n'en aura pas horreur.

Supposons tant que l'on voudra, que la Ste Vierge pendan! sa vie mortelle, était bonne et compatissante pour les pécheurs, qu'elle désirait leur salut de toute la puissance de son cœur si pur et si aimant, sera-t-il possible de rencontrer un seul Catholique romain assez aveugle pour dire ou penser que la compassion, la charité de la Ste Vierge, pendant sa vie mortelle, était plus grande, plus sincère, plus efficace que l'amour de Jésus-Christ? Non: jamais je ne croirai qu'un homme quelque aveuglé qu'il soit par les erreurs de son Eglise, touchant la Ste Vierge, puisse ainsi la mettre de propos délibéré, au-dessus de Jésus-Christ,sous prétexte qu'elle était femme et que Jésus-Christ était homme.

Le plus aveuglement dévoué au culte de Marie dans l'Eglise de Rome, s'il veut se donner la peine de réfléchir un peu, sera forcé de confesser que la compassion, la charité, la miséricord® de Jésus-Christ pour

les pécheurs, pendant sa vie, étaient infiniment plus crandes, plus efficaces que celles de la Ste Vierge. Eh bien ! s'ilen était ainsi pendant que Jésus et Marie étaient ensemble sur la terre, comment en serait-il autrement aujourd'hui? Scrait-il possible que, depuis qu'ils sont au ciel, la charité et la compassion de Jésus- Christ fussent devenues moins réelles, moins efficaces que celles de Marie! Et que la compassion et la charité de la Ste Vierge auraient atteint un dégré supérieur à celles de notre Sauveur, depuis que Jésus- Christ est assis vlorieusement en corps et en âme à la droite de son Père, où l'Evangile nous le montre constamment occupé à prier pour les pécheurs !

Il est vrai que Dieu à mis au cœur de la femme, et surtout de la mère, d'intarissables trésors de bonté, d'affection et de miséricorde; mais il est et il sera éternellement vrai aussi, que le Dieu qui a mis au cœur de la femme, de la mére, ces trésors de compassion, a garde pour dui-méme une compassion et une charite pour les enfants déchus d'Adam, infiniment audessus de tout ce qu'il v à jamais eu et de tout ce qu'il v aura jamais de compassion de femme et de mere, sans excepter la Ste Vierge !.., On aura beau exalter les vertus, les qualités admirables dont Dicu a du se plaire à orner le cœur et l'âme de la mère de notre Sauveur, 11 y aura toujours une distance incommensurable entre ses vertus et celles du Fils de Dieu, lv aura toujours un abime insondable entre ses qualites et les divines perfections de celui dont elle a eu le bonheur d'être la mère, seion la chair... La compassion, la charité, la miséricorde de Jésus-Christ pour les pécheurs ont toujours été, et seront pendant tous les siccles, plus réelles, plus élevées au-dessus de celles de la Ste, Vierge, que le ciel ne l'est de la terre... Et de-

ol

vant ces vérités, que jamais il ne sera donné à l'enfer de détruire, l'échafaudage des prétendus privilèges de Marie sur Jésus-Christ, à cause de sa qualité de femme et de mere, tombera.

D'ailleurs, si l'on veut avoir une idée juste de ce que Jésus pense de ces pretendus privilèges dont l'Eglise romaine fait la base de son culte, il n’y a qu'a lire ce que notre Sauveur lui-méme en a pense et ce qu'il en pense encore ; car il est aujourd'hui ce qu'il était hier : “ Lorsqu'il parlait encore au peuple, sa mére et ses “frères étant arrivés, et se tenant au dehors, demandè- “rent à lui parler. Et quelqu'un lui dit: Voilà votre “mère ct vos frères qui sont au dehors et qui vous de- “mandent. Mais il répondit à celui qui lui disait cela : “ Quelle est ma mére, et qui sont mes freres? Eten- “dant la main vers ses disciples, voici, dit-il, ma mere “et mes frères. Car quiconque fait la volonté de mon “pere qui est dans les cieux, celui-là est mon frere, ma “sœur et ma mere!” (Matt. XIT, 47.

Si les enseignements de l'Eglise de Rome, à l'égard de la prétendue puissance de la Ste Vierge, sur Jesus- Christ, étaient vrais, Notre Seigneur aurait-il répondu si froidement, mais : solennellement à sa mère,en presence de tout le peuple ? S'il était vrai que Jésus-Christ fit toujours ce que la Ste. Vierge lui commande, il l'aurait écoutée lorsqu'elle venait pour lui parler, il n'aurait certainement pas refuse de se rendre au désir quelle avait exprime de le voir... et surtout il n'aurait pas répondu à sa prière par ces paroles qui seront une cternelle protestation du Sauveur du monde contre le culte sacrilège rendu à sa sainte mére : “ Qui est ma “mere, et qui sont mes frères ? Quiconque fait la vo- “lonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-la “e.c mon frère, ma sœur et ma mére,

L'Eglise de Rome accuse les disciples de l'Evangile d'étre ennemis de la Ste Vierge, si on n'est pas prèt à lui donner tous les honneurs que les Papistes ont coutume de lui rendre. Mais si cette accusation était fondée, Jésus-Christ se serait montré le premier ennemi de sa sainte mère, en recevant si froidement, devant tout le monde, le désir qu’elle lui faisait exprimer de le voir et de lui parler.—La même bouche qui a dit : “ Rendez à Cézar ce qui est à Cézar, et à Dieu ce qui est à Dieu,” voulait nous mettre en garde contre le culte exagéré des saints.

Ce n'est pas Jésus-Christ ni ses véritables disciples qui sont les ennemis de la Ste Vierge et qui déshonorent son nom ; ce sont bien plutôt ceux qui lui donnent des titres et des honneurs qui n'appartiennent qu'à Jésus-Christ.

Bénissons le Seigneur des grâces ct des faveurs dont il a comblé l'humble et chaste Vierge de Nazareth: mais rappelons-nous que nous n'avons au ciel qu'#x Sauveur, qu'#7 Avocat nommé Jésus, et qu'il est la bonté, la miséricorde par essence ; ct que ce Sauveur a dit aux pécheurs ct leur dit encore : “ Venez à moi !” Cest a lui seul que nous devons avoir recours, pour ètre sauvés ; n'oublions jamais que c'est son nom, le nom seul de Jésus, qu'il faille invoquer pour obtenir grace... que c'est dans le sang versé par Jésus seul sur le Calvaire, qu'il faut nous confier pour le paiement de notre dette à la justice divine.

Rappelons- nous que Jésus se4/, en un mot, est notre espérance, notre force, notre lumivtre, notre voie notre vie, notre salut.

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