JÉSUS CRUCIFIÉ ET LE BON LARRON
“ Or, l'un des deux voleurs qui étaient crucifiés avec “Jésus, le blasphémait, en disant: Si tu es Christ, “sauve-toi toi-mème, et sauve nous avec toi.
“Mais l'autre le reprenait, lui disant : N’avez-vous pas la crainte de Dieu, non plus que les autres, vous “qui vous trouvez condamné au même supplice? En- "core, pour nous, c'est avec justice que nous souffrons “la peine que nos crimes ont méritée. Mais celui-ci “n'a fait aucun mal.
“Et il disait à Jésus : Seigneur souvenez-vous de * moi lorsque vous serez dans votre royaume.
“ Et Jésus lui répondit: Je vous le dis en vérité : “vous serez aujourd'hui, avec moi, dans le Paradis.”
(Luc, chap. X'XTIT, ver. 5, 12-43.)
Ce sublime dialogue entre Jésus mourant sur la croix ct ce pécheur repentant, est le résumé le plus touchant de la mission de Jésus-Christ sur la terre, comme il est la mesure de la confiance illimitée que le pécheur pénitent doit mettre dans la miséricorde du Sauveur.
[! suffit de quelques réflexions sur ce qui se passe et se dit, sur ces deux croix, pour comprendre l'injure que l'Eglise de Rome fait à la Ste Vierge et à l'Evangile, dans ses efforts pour tourner les pensées et les cœurs des pécheurs vers Marie, comme la fondation Va plus solide de leur salut !
Pendant ce dialogue entre le Sauveur et le Bon Larron, Saint Jean nous dit que Marie était au pied de la croix. Il est donc permis de croire qu'elle eut
connaissance de ce qui se passait. Et comme elle dut sentir son cœur tressaillir de joie, malgré son amère douleur, lorsqu'elle entendit avec quelle bonté Jésus disait au compagnon de ses douleurs: * Aujourd'hui, vous serez avec moi, dans le Paradis.”
Nul doute que la foi et la conversion du Larron dürent ètre infiniment agréables à la sainte mere de Jésus, et qu'elles apportèrent pour le moment comme une heureuse diversion à ses douleurs.
Le spectacle qui nous est offert sur le Calvaire est d'une sublimité et d'une grandeur telles que jamais homme n'en pourra parler assez dignement. Lorsque la pensée se porte sur Jésus et le bon larron, et que, dans le recueillement et le silence de la méditation, on laisse tomber dans son âme les paroles qu'échangerent ces deux crucifiés, l'on se sent pénétré d'un tel sentiment d'amour et de confiance pour le Sauveur, que l'on ne peut plus lui parler que par des larmes... l'on sent que manquer de confiance en Tésus, et douter de son amour ct de sa miséricorde pour les pecheurs, est un des plus grands crimes dont l'homme puisse ètre coupabie.
Mais supposons que le bon larron, au lieu de ne s'occuper que de Jésus crucifñié, et de tourner toutes ses penses ct les affections de son cœurs vers le Sauveur du monde, eut tourné ses pensces et ses espérances vers Marie, comme l'Eclise romaine le conseille à tous les pécheurs, et surtout aux pécheurs mourants : supposons que le bon larron au lieu de dire à Jésus : * Souvenez-vous de moi, lorsque vous serez dans votre royaume," lui eût dit ce que tous les papes, les évéques et les prètres de Rome mettent dans la bouche
des pecheurs : “ Seigneur Jésus, j'ai tant fait de mal,
‘que je ne mérite ni de vous parler, ni d'être écouté
“devous. Mais voilà votre mere! Son cœur de fem- “me doit naturellement ètre plus sensible et plus com- “patissant que le vôtre : elle m'écoutera donc mieux “que vous ; elle sera plus aisément touchée de pitié que “vous, sur mon malheureux sort. Ne trouvez donc “pas mauvais que je m'adresse à elle, de préférence à “vous, pour ètre soulagé dans les maux qui m'acca- “blent. Je n'ose pas vous parler moi-même : car vous “Ctes le Saint des Saints, et je ne suis qu'un misérable “pcécheur. Mais je vais vous faire parler par votre “more, elle va vous demander grâce et miséricorde “pour moi. Un bon fils ne refuse rien à sa mere ! Vous “ne pouvez donc rien lui refuser de ce qu'elle va vous “demander pour moi; car elle a des droits sur vous “que vous ne pouvez méconnaitre. La grâce que vous “refuscriez donc à un criminel comme moi, sera aisé- “ ment accordée à celle à qui vous ne pouvez rien re- “fuser. Vous ètes venu sur la terre, je le sais, armé “de la justice inexorable de votre Père, pour punir les ‘coupables. Mais tandis que Dieu le Pere vous don- “nait la mission de la justice et du châtiment, il don- “nait à votre mère la mission de la miséricorde et du “pardon. Je sais que sans Marie, je suis perdu: car “c'est elle qui est la porte du ciel, le refuge des pé-
“cheurs... La choisissant pour mon avocat et ma “mere, je ne Crains:rleñ... Car, je le sais, vous ne
“pouvez rien lui refuser.”
Nous le demandons à tout homme à qui Dieu a laisse une étincelle d'intelligence chrétienne, un pareil discours, dans la bouche du larron, aurait-il été convenable ? aurait-il réjoui et honoré la Ste Vierge ? auraitil, en un mot, obtenu du Sauveur ces paroles : * Aujourd'hui, tu seras avec moi dans mon royaume "?
Catholiques romains, qui lisez ces lignes, ne com-
prenez-vous pas que chacune de ces paroles, si elles eussent été prononcées par le larron sur la croix, aurait été un blasphème, un outrage à Jésus-Christ, une insulte à la Ste Vierge? Voilà, cependant, sans aucune exagération, les sentiments que votre Eglise veut vous inspirer !... Vous le savez, ce sont les paroles mêmes qu'elle vous fait apprendre par cœur, qu'elle vous fait lire dans tous les livres, et qu'elle vous fait annoncer par tous ses prètres, pour que vous les adressiez à Jésus-Christ.
Continuons. Et supposons qu'aprés ce discours adressé à Jésus sur la croix, le larron, parlant à la Ste Vierge, lui eût dit: “Oh! Marie, le refuge des “pécheurs, vous êtes le seul fondement de mon espé- “rance et de ma foi ; vous êtes la porte du ciel, la con- “solation des affigés, le salut des pécheurs ! C’est par “vous sexe que toutes les grâces et les bénédictions
du ciel descendent sur la terre! C’est par vous see “que toutes les erreurs, les hérésies, les péchés sont détruits dans le monde! Tandis que votre fils Jésus
a pour mission de faire régner, dans le monde, la
“justice inexorable du Père ; vous avez la miséricorde ‘en main, pour votre partage... Tous ceux qui met- ‘tent en vous leur confiance, et invoquent le se-
cours tout-puissant de vos prières seront sauvés ! ‘Le bras de votre fils est sans cesse levé pour punir et
ecraser le pécheur ; c'est vous, je le sais, qui empé-
chez ce bras vengeur de frapper. Je vois que votre hls est irrité contre moi... Je sens que j'ai mérité sa ‘colère... Veuillez donc, O Marie, l'apaiser et lui demander grace pour moi: car, je suis si coupable quil ne mécouterait pas si je lui parlais! Je remets ‘entre vos mains l'affaire de mon salut ; je me fais “votre enfant, votre serviteur, votre esclave. Regar-
“dez-moi avec compassion, pendant que je pleure “nr 3s péchés. Faites-le souvenir que vous ètes sa “ mère ; et qu'à ce titre, vous avez tout droit sur lui, “ O Marie ! mon espérance et mon refuge, je me jette “entre vos bras ; sauvez-moi !”
Encore une fois, nous le demandons à nos frères de l'Eglise romaine, ces paroles, dans la bouche du larron sur la croix, n’auraient-elles pas été autant de blasphèmes, contre Jésus-Christ ; n'auraient-elles pas été autant d'outrages à la Ste Vierge ?
L'humble Marie, en face du Calvaire, aurait-elle reçu avec plaisir ces plates louanges? Se serait-elle trouvée honorée par cette prière sacrilège, que les Catholiques romains, pourtant, répètent tous les jours ! Non, mille fois non! Jamais la Ste Vierge, au pied du Calvaire, pendant que le sang de la grande victime tombait goutte à goutte de la croix, n'aurait consenti à s'entendre appeler, 4 salut du monde, l'espoir des pécheurs, la porte du ciel ; elle aurait repoussé avec horreur ces paroles de blasphéme ; elle aurait répondu au larron :
Ah ! malheureux ; si près de celui qui expie les péchés “du monde, couvert de son sang, témoin de sa patience, de sa douceur, de son amour mème pour ses bourreaux, comment pouvez-vous douter de sa miscricorde pour vous? Si je suis sa mère par la chair ilest mon Dieu... il est mon Sauveur, comme le vôtre, par sa grâce! Vous ne savez donc pas que c'est pour chercher et sauver les pécheurs qu'il est descendu du ciel: que c'est pour les pécheurs que son corps est brisé, sa tête déchirée par les épines, ses mains et ses pieds percés parles clous ; et que c'est ‘par amour pour les pécheurs que son sang coule à grands flots... .et qu'il va bientôt expirer ! Il a passé sa vie à appeler les pécheurs à lui... Aux plus grands
d'entr'eux, il disait: Venez à moi... et vous serez “soulagés et pardonnés... Son plaisir était d'être avec les pécheurs... il était appelé l'ami des pé-
“ cheurs..… Ne craignez donc pas de lui parler ; car il “est votre ami le plus sincère... Regardez les traits “ de douceur et de bonté qui brillent à travers le sang “qui couvre son visage... C'est lui seul qui est le “ salut du monde, le refuge des pécheurs, la porte du “ciel... C'est son nom seul qu'il faut invoquer pour être sauvé. Votre manque de foi dans sa miséricorde et sa charité pour vous, le font plus souffrir ‘que les clous qui percent ses picds et ses mains.
“ Pour avoir votre grâce et votre pardon adressez
vous à /ui et à lui seul, car lui seul est votre véritable ‘ami, votre frère plein de charité, votre père rempli
d'amour, votre sauveur miséricordieux... Parlez- ‘Jui donc vous-mèéme ; et vous allez entendre de sa
bouche la sentence du pardon qui est déja écrite en ‘son cœur! Mais cessez de l'outrager et de m'outra- “ver aussi, en pensant que je puisse vous aimer plus “qu'il ne vous aime, et que je puisse être plus compa- “ tissante pour vous qu'il ne l'est lui-même !”
Et que nos chers frères qui sont encore dans les liens des superstitions romaines, ne se laissent pas tromper par l'idée que ce qui eût été inconvenable et blasphématoire dans la bouche du bon larron, est tout à fait convenable et chrétien aujourd'hui que Jésus est au ciel. Car notre Seigneur, quoique au ciel, est aussi pres de chaque pécheur, pour l'entendre et lui pardonner, qu'il était du larron sur la croix : son oreille n'est pas plus éloignée de la bouche du pécheur qui lui demande grace aujourd'hui, qu'elle ne l'était du larron crucifié ; son cœur n'est pas moins bon et compatissant aujourd'hui qu'il ne l'était au jour de sa mort... les
pauvres pécheurs ne lui sont pas moins chers aujourd'hui qu'alors... Et il n'a pas plus besoin qu'alors d'ètre comme forcé par sa mere, pour pardonner au pécheur repentant.
Le bon larron n'eut pas besoin d'intercesseur pour toucher le cœur de Jésus... Quoique la mère du Sauveur füt là présente, il n'eut pas même la pensée de s'adresser à elle. I comprit que Jésus était son ami, son Sauveur et son Dieu ; et il ne setrompa pas... Il mit en Jésus et en Jésus seul, toute son espérance, et il ne fut pas désappointé. Il parla hardiment à Jésus, comme on parle à un ami, à un frère chéri ; et il fit bien : car c'était ainsi, comme c'est encore ainsi, que Jésus veut qu'on lui parle.
Et soutenir que Jésus a plus besoin aujourd’hui qu'alors d'ètre stimulé et réveillé ou apaisé par sa mere, pour écouter les pauvres pécheurs qui reviennent à lui, serait une puérile absurdité, si ce n'était pas un affreux blasphéme.
Lorsque Dieu, dans sa grande miséricorde, ouvre les veux d’un Catholique romain sur les erreurs de son Eglise, le premier sentiment qu'il éprouve est celui d'une indicible joie, pour la faveur qu'il a reçue. Mais la seconde chose qui frappe son esprit et son cœur, est un sentiment d'étonnement sur la facilité et l’espece de sincérité avec lesquelles il a pris et cru, comme vérités incontestables, les erreurs et Îles superstitions les plus palpables et les plus anti-chrétiennes.
Or l'erreur la plus chère et la plus enracinée au cœur d'un Catholique romain, est que le moyen le plus court ct le plus certain de se faire écouter de Jésus- Christ et d'attirer sur nous un regard de sa miséricorde, soit, non pas de lui parler directement nous-mêmes, mais de lui faire parler par quelques-uns des saints du
ciel que nons croyons les plus chers à son cœur. Pour appuyer cette erreur, tous les théologiens modernes de l'Eglise de Rome nous assurent que Jésus étant le Saint des Saints, il est tout naturel qu'il écoutera, avec plus de plaisir, la voix d'un de ses élus au ciel que celle d'un pécheur tel que nous sommes tous. L'Eglise de Rome nous assure donc que le saint ou la sainte du ciel à qui je m'adresse, m'écoutera avec plus de plaisir, de facilité, de promptitude, de miséricorde et d'amour que Jésus-Christ ne le ferait.
Car si l'Eglise de Rome, revenant à la vérité évangélique qu'elle à depuis si longtemps oubliée, disait au pécheur: “Il n'y a pas un saint ni une sainte au
ciel qui vous aime autant que Jésus-Christ ; il n'y a
pas une oreille aussi attentive que la sienne à la voix de notre repentir ; il n'y a pas au ciel une intelli- “ gence, un cœur plus aisément et plus miséricordieusement touché de compassion par toutes vos misères,
‘que l'âme de Jésus-Christ ; il n’y a pas une personne
au ciel qui ait autant de plaisir à s'entendre invoquer et à se voir approcher par un pécheur repentant, que “ Jésus ;” les peuples mettraient toute leur confiance en Jésus, et en Jésus seul, et ils ne s'adresseraient qu'à lui, comme l'Évangile le veut.
En effet, ne serait-ce pas une souveraine folie, dans ce cas, d'aller à d’autres qu'à Jésus pour obtenir quelques faveurs ?
Si l'Eglise de Rome, au lieu de se perdre et de s'égarer dans ses folles et vaines traditions, s'en tenait à la parole de Dieu, elle dirait, comme St. Paul, “ Tout me “semble une perte, au prix de cette haute connaissance “de Jésus-Christ, mon Seigneur, pour l'amour duquel “je me suis privé de toutes choses” (Phi. III, 8.) Si laissant de côté les déplorables sophismes qui font la
base de son culte des Saints, l'Eglise de Rome tenait le langage de la Vérité évangélique, ses peuples partout sauraient qu'en Jésus, et en Jésus seul, ils ont tous les trésors de la miséricorde, de l'amour et de la puissance de Dieu ; leurs pensées, leurs cœurs et leur espérance se tourneraient vers Jésus, et Jésus seul : ils sauraient alors que la puissance, la miséricorde, la compassion de Jésus sont #owjours actives, foujours efficaces, et surtout, {ouours au service de chaque pécheur repentant. Ses peuples sauraient, en mème temps, que ces trésors de Ia miséricorde du Sauveur Dieu et homme, ne sont monopolisés par personne; qu'ils ne sont pas la propriété de quelques saint: ou saintes en particulier ; mais qu'ils sont les trésors de chaque pécheur, qui a le droit d'y puiser selon son repentir, son amour et sa foi.
“ Tout ce que vous demanderez à mon père en mon “nom, disait Jésus-Christ, vous sera accordé.” Après une telle déclaration de la bouche même du Sauveur, comment croire que l’on ait besoin de s'adresser à des saints et à des saintes pour se le rendre favorable ?
Car, homme pour homme, pourquoi Jésus-Christ au ciel serait-il moins prèt à m'écouter et à avoir pitié de moi que St. Pierre, St. Paul ou tout autre saint à qui l'on veut que je m'adresse? L’humanité de St. Pierre, de St. Paul etc. serait-elle donc plus parfaite que l'humanité de Jésus-Christ? V aurait-il donc plus de compassion naturelle, plus de charité dans St. Pierre, et dans St. Paul etc. que dans Jésus-Christ ?... Mais pourquoi cela? Et où trouver des raisons d'une si monstrueuse doctrine ?
Soutenir, comme l'Eglise de Rome le fait, que les Saints, n'ayant rien au-dessus de nous par leur nature, et ayant été pécheurs comme nous, connaissent
mieux nos mistres ct doivent plus y compatir que Jésus, parce qu'il est impeccable, c'est nier l'humanité comme la divinité du Sauveur ; c'est nier l'Evangile, qui nous apprend que Jésus a non-seulement connu et compris toutes nos miscres infiniment mieux que tous les Saints, mais qu'il a payé jusqu'à la dernière obole la dette de nos péchés, et qu'il les a tous lavés dans son sang.
Comment Jésus aurait-il pu porter nos péchés sur lui, comment aurait-il pu se charger de nos iniquités et payer tout ce qui était dû à la justice de Dieu, sans Les connaître parfaitement, sans en comprendre le nombre, la nature et la malice? Mais surtout comment le Sauveur du monde aurait-il pu se charger de payer la dette de nos iniquités, si ces iniquités n’eussent pas excité, dans son âme, un degré de sympathie, de compassion et de charité dont tous les Saints à la fois ne seront jamais capables ?
Oublions, pour un instant, que Jésus-Christ est Dieu ; supposons qu'il ne soit qu'un homme, et ne fixons notre pensée que sur cette personne humaine. Nous le demandons ; trouverons-nous, dans les livres saints, une seule expression qui nous donne à penser que, comme homme, Jésus soit moins bon, moins patient, moins miséricordieux pour nous, que St. Pierre, St. Paul ou la Ste Vierge? Et, cependant, pour que je m'adresse à un saint de préférence à un autre, il faut que j'aie une raison de croire que ce saint me sera plus favorable que celui à qui je le préfere.
Pour que je m'adresse à Ste Marie, par exemple, plutôt qu'a Jésus, et que je demande à cette femme bénie entre toutes les femmes, de parler pour moi à Jésus-Christ, il faut que je croie qu'elle m'écoutera et m'exauccra plus sûrement ct plus vite que Zwz. Car, du
moment que je croirai que Jésus me sera plus favorable et sera plus compatissant à mes misères que Marie, ou tout autre saint, j'irai à Jésus. Rien de plus simple et de plus naturel, et par cela même, rien de plus fort que cet argument. Or le simple bon sens comme l'Evangile me dit que si Jésus n'était qu'un homme au ciel, il y serait, comme il était sur la terre, le plus compatissant, le plus aimant, le plus charitable, le plus puissant des hommes saints. Et, par conséquent, (toujours supposant qu'il ne soit qu'un homme,) alors méme, je ne devrais m'adresser qu'à lui, dans mes prieres.
C'est dans ce /ésus-honrme que je devrais mettre ma plus grande confiance ; c'est de ce /ésus-lomme que je devrais attendre les plus prompts secours ; c'est à ce Jésus-homme que je devrais parler avec plus de confiance et de plaisir.
Et les moins instruits comme les plus savants de mes frères de l'Eglise de Rome, seraient forcés d'avouer que j'agis avec sagesse ; ils ne pourraient s'empècher de confesser que ceux qui mettraient leur confiance en des saints moins bons, moins puissants, moins charitables, que mon saint protecteur et ami Jésus, manqueraient de sagesse, pour ne rien dire de plus.
Mais osera-t-on dire que la sainte humanité de Jésus a perdu de sa charité, de sa miséricorde et de sa puissance et de sa douceur envers le pécheur, par son intime union avec la Divinité ?...
Non, il est impossible qu'ancun Catholique romain ose proférer une parole aussi impie et insensée, de propos délibéré.
Or c'est pourtant ce que tous les Catholiques romains, sans s’en douter, font et disent, à chaque fois qu'ils n'osent parler à Jésus-Christ, sous prétexte qu'il
ne les écoutera pas, à cause de leurs péchés, et qu'ils s'adressent à des saints dont ils se croiront mieux exaucés |
S'il est possible que l'Aommme au ciel nous aime, nous écoute avec plaisir, ii est encore bien plus possible et plus certain que /'Aomme- Dieu nous écoutera avec plaisir et nous exaucera dans son infinie miséricorde.
C'est donc une folie inconcevable, que de laisser là l'homme-Dieu, de n'oser parler à l’homme-Dieu, de se défier de l’homme-Dieu, pour s'adresser à l'Xomme et et mettre toute son espérance en /'Xommme !
Mais cette folie devient un crime sans excuse, une abomination, une idolâtrie, lorsque cet 4omme- Dieu est descendu du ciel pour nous dire lui-même qu'il est notre @in, notre frère, notre Sauveur, notre avocat, notre fout, notre Dieu infiniment bon, infiniment miséricordieux, infiniment charitable !