‹ L'Église de Saint-Germain des PrésChapitre 2 sur 3 · DeCluLdej-Lcn · texte numérisé non relu

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Plan de Téglise en 1724

dans l'autre croisillon (1), œuvre du sculpteur Laurent Magnier qui donna quittance de 2.580 livres en 1679 (2) et du frère Jacques Bourlet^ auteur de la statue de sainte Marguerite posée en 1705 (3). L'abbé de Castellan^ mort en 1677^ avait ordonné par son testament l'érection d'un tombeau à son père et à son frère qui fut mis en place en 1683 dans la chapelle de Sainte-Marguerite à l'angle du bas-côté nord et du transept (4). Le célèbre artiste François Girardon qui en sculpta les figures et les médaillons signa en 1678 un marché de 10.000 livres pour l'autel de cette chapelle (5).

Le 29 septembre 1684^ une cérémonie solennelle eut lieu dans l'église pour la réception des reliques de la Passion léguées aux moines par Anne de Clèves^ princesse palatine. La pièce la plus importante était une croix byzantine à double traverse qui renfermait du bois de la vraie croix et dent l'inscription grecque mentionnait le nom de l'empereur Manuel Comnène (1143-1180). Le peintre Lebrun avait dessiné les deux anges d'orfèvrerie qui la soutenaient dans leurs mains (6). A cette époque^ la chapelle de Saint-Symphorien tombait en ruines. Dom Bernard Joli, sacristain de l'abbaye^ obtint les fonds nécessaires en 1690 pour réparer les murs^ la charpente et la toiture. Il y fit ériger un nouveau tombeau sur l'emplacement de celui de saint Germain où il encastra l'inscription commémorative de la translation des reliques en 754 (7). Cinq ans plus tard^ des ouvriers suspendus à des cordes repiquèrent les murs de la tour occidentale et du clocher de Saint-Placide^ nom donné à la tour jumelle du nord (8).

(1) Dom Bouillart, p. 267 et 270.

(2) Arch. nat., L. 753, n° 26.

(3) Dom Bouillart, p. 270.

(5) Arch. nat., L. 753, n° 26.

(6) Dom Bouillart, p 278

(7) Ibid., p. 284 et 285.

(8) Ibid., p. 269.

Après la mort du comte Ferdinand de Furstemberg^ neveu du cardinal, le 6 mai 1696, Coysevox fut chargé de sculpter le tombeau qui se trouve dans la chapelle de Sainte-Marguerite (1) et où le prélat fut inhumé en 1704 après avoir fait restaurer le palais abbatial construit vers 1586 par le cardinal de Bourbon.

Un nouveau maître-autel elliptique fut posé en 1704 à l'entrée du chœur (2). Gilles Openord, architecte du duc d'Orléans, qui l'avait dessiné, le surmonta d'un baldaquin soutenu par quatre colonnes de marbre cipolin. Entre ces supports deux anges tenaient la châsse de saint Germain (3). La nouvelle sacristie, bâtie au nord du chœur en 1717 par Jacques Philippe, maître-maçon, coûta 6.886 livres (4). L'ouvrage de Dom Bouillart, qui parut en 1724, fait mention de treize tableaux accrochés aux murs du chœur et de la nef, peints par Van Mol, Halé, Gazes, Leclerc, Berlin, Retout, Van Loo, Lemoine, Christophe et Verdot (5). Le plan relevé par J. Chaufourier, qui y est inséré (6), indique au milieu de la nef, daas la seconde travée, l'autel de Saint-Gervais et de Saint-Protais et ceux qui s'adossaient au jubé en avant du transept. L'autel de Saint- Thomas se trouvait dans le bas-côté nord, au droit de la troisième pile et le chœur qui renfermait quatre autels était flanqué au nord de deux grandes sacristies en hémicycle et au sud d'une ancienne chapelle dédiée à saint Julien. De chaque côté du porche s'élevaient au nord la chapelle Saint-Pierre et au sud celle de Saint-Sympho-

(1) Dom Bouillart, p. 292.

(2) En creusant les fondations de ce maître-autel, on découvrit un sarcophage de pierre mérovingien orné d'imbrications, de pampres et de palmes. Ibid., p. 311.

(3) Dom Bouillart, pi. XVII et p. 31 1. '

(4) Arch. nat., L. 762, n° 28.

(5) Dom Bouillart, p. 312. Thierry dans son Guide des amaleurs et des étrangers à Paris, 1787, donne une liste complète des peintures et des sculptures qui ornaient l'église.

(6) Dom Bouillart, pi. XVI. '

rien contigiië au cimetière des religieux qui s'étendait jusqu'au portail méridional.

La fonte du gros bourdon par Louis et Jean-Charles Gaudiveau le 6 octobre 1771 qui coûta 5.054 livres (1) fut le dernier fait intéressant pour l'histoire du monument avant la Révolution si fatale à l'abbaye. Le 4 février 1791, l'édifice était affecté au service paroissial, mais dès le 29 mars, l'architecte Bélanger détruisit les tombeaux des rois mérovingiens refaits par Michel Bourdin au xvii^ siècle. Il put heureusement sauver la curieuse tombe plate de Frédégonde (2). L'église fut fermée le 13 février 1792. L'adjudication définitive des bâtiments monastiques à M. Ledoux pour la somme dérisoire de 8.120 livres eut lieu le 13 novembre 1792 (3). En 1793, les statues du portail occidental furent brisées et le 12 février 1794 une raffinerie de salpêtre qui fonctionna jusqu'au 10 février 1802 fut installée dans l'église. On enleva tout le mobilier ; on arracha le dallage et les chapelles rayonnantes furent remplies de terres lessivées. Des fourneaux et des chaudières encombraient le bas-côté sud : des bassins de cristallisation et un grand réservoir avaient été établis dans la nef et dans le transept (4). Les prisons de l'abbaye, tristement célèbres par les massacres de septembre, s'élevaient à l'angle de la rue Sainte-Marguerite et du Petit-Marché, au sud du jardin abbatial qui entourait le chevet. L'église échappa heureusement à l'incendie de la bibliothèque des religieux le 20 août 1794.

(1) Arch. nat.,L. 762, n"» 32, 33 et 37. Cette cloche qui pesait 10.807 livres remplaça le bourdon fondu en 1580 et fêlé le 14 septembre 1764 qui pesait 10.442 livres.

(2) G. Vauthier. L'église Saint-Germain-des-Prés (1791-1821) dans le Bulletin de la Société de l'histoire de VArl français, 1913, p. 174.

(3) Arch. de la Seine, fonds des domaines, carton 585, dossier 427.

(4) Arch. nat., Fi*507.

Quand le décret du 31 mai 1795 autorisa le rétablissement du culte, l'abbé de Pierre officia dans la chapelle de la Vierge jusqu'en 1802^ date de sa démolition par le D'' Salbrune qui encastra quelques fragments de sculpture dans sa nouvelle maison, au coin de la rue de l'Abbaye et de la place Furstemberg (1). Il fallait donc se décider à utiliser l'église^, mais la nef menaçait ruine^ car les eaux salpêtrées qui coulaient dans des rigoles avaient rongé les piles. On avait songé à mettre l'édifice en vente^ puis à le démolir, comme le proposait Petit-Radel au Conseil des bâtiments civils le 20 avril 1802^ mais ses collègues furent d'avis de conserver la tour occidentale en raison de son ancienneté^ tout en déclarant que l'architecture du monument « n'offre rien de bien intéressant sous le rapport de l'art » (2). Néanmoins^ l'église fut rendue au culte le 29 avril 1803.

Alexandre Lenoir qui découvrit deux tombes mérovingiennes sous le maître-autel en 1799, avait fait transporter au Musée des Monuments français les principaux tombeaux qui furent restitués à Saint-Germain des Prés en 1817. Le curé Lévis réclamait^ en 1803^ des tableaux au musée de Versailles^ un orgue provenant de Saint- Victor^ des dalles de l'abbatiale de Sainte-Geneviève (3). Un peu plus tard l'église s'enrichit de la belle Vierge de marbre à l'enfant donnée à l'abbaye de Saint-Denis en 1340 par la reine Jeanne d'Evrcux^ tandis que le musée du Louvre recueillait les colonnes de marbre de l'autel de 1704. En 1819, la chapelle rayonnante centrale qui n'était pas plus profonde que les autres fut démolie et remplacée par une construction d'un style déplorable (4).

Dans son rapport du 19 juillet de la même année^ Tarchi-

(1) Gilbert. Mémoire sur les réparations de Saint- Germain des Prés, dans la Revue archéologique, 1854, p. 533,

(2) Arch. nat., F^» 507.

(3) Arch. nat., F" 586, dossier n» 2.

(4) Gilbert, article cité. Bévue archéologique, 1854, p. 533.

tecle Lahiteau signalait l'état dangereux de certaines parties de l'église (1). Le 4 mai 1820^ l'inspecteur général Mazois attirait l'attention du Conseil des bâtiments civils sur l'écrasement des piles du nord rongées par le salpêtre. La nef avait été interdite aux fidèles qui entraient dans le chœur par une porte voisine de la sacristie. Les architectes Rondelet^ Molinot, Rohault et Debret visitèrent l'église avec leur collègue Guy de Gisors qui fut d'avis que la démolition de la nef et de ses bas-côtés s'imposait^ mais le 18 mai Mazois ralliait le Conseil à l'idée de conserver le chœur et de restaurer la nef (2). Le système d'étais et de chevalements posés par l'architecte Godde (3) fut jugé insuffisant. C'était en effet une nouveauté que la reprise en sous-œuvre d'une église en 1820^ tandis que cette opération était familière aux architectes du moyen âge, comme à la cathédrale du Mans et à Saint-Gilles d'Etampes. Le préfet de la Seine décida qu'on réserverait au culte l'abside qui était en bon état, en l'isolant par un mur de clôture. Dès qu'il eut approuvé le projet de Godde le 21 juillet 1821, on commença les travaux de la nef qui coûtèrent 219.080 francs et qui étaient terminés le 15 mars 1822 (4).

Dans une lettre du préfet de la Seine, datée du même jour, Hély d'Oissel, directeur des travaux de Paris, énumère les réparations terminées, à savoir la reconstruction de dix piliers de la nef en roche dure sur des fondations de 1 m. 50 de profondeur, le ravalement des colonnes, des chapiteaux et des voûtes, la reprise des colonnes engagées dans le mur du bas-côté nord, la réfection de la chapelle des fonts-baptismaux, la construction d'une sacristie au nord du porche, l'agrandissement des fenêtres romanes

(1) Arch. nat., F^» 882.

(2) Ibid.

(3) Godde qui fit des restaurations déplorables à Notre-Dame de Paris et à Saint-Denis, portait le titre d'inspecteur en chef.

(4) Arch. nat., F^^ 882.

qui furent revitrées^ la réparation des étages inférieurs de la tour occidentale dont les baies furent défigurées par un horrible remplage^ l'incrustation de moellons dans les murs extérieurs de la nef, le renouvellement de la charpente des bas-côtés et la pose d'un chéneau de plomb au pied du grand comble (1). Il restait à décider quel serait le sort des petits clochers de Saint-Casimir au nord et de Sainte- Marguerite au sud que Godde avait fait chaîner par précaution (2). Cet architecte proposait de démolir la tour du nord très dégradée et de restaurer la tour du sud^ mais comme leur poids était inquiétant vu la nécessité de les reprendre en sous-œuvre, on prit le parti de démonter les trois étages supérieurs de chaque clocher pendant l'été de 1822, puis on répara les chapelles rayonnantes et les six arcs-boutants du chevet furent remaniés en 1823 (3). Ce second chapitre du devis était évalué à 100.764 fr.^ ce qui fit monter la dépense totale à 319.844 fr. d'après le procès-verbal de la séance du Conseil des bâtiment* civils, en date du 19 mars 1823 (4).

En 1824, la fabrique obtint des marbres pour l'autel, des colonnes provenant du tombeau du connétable Anne de Montmorency et des vitraux gothiques déposés au musée des Monuments français (5). Godde fit exécuter en 1827 la chaire de marbre dessinée par Quatremère de Quincy qui coûta 33.500 fr. (6). En 1843, Hippolyte Flandrin commença par le chœur la série de ses peintures justement célèbres où les scènes de l'Ancien Testament annoncent celles de la vie du Christ : son œuvre s'acheva dans la nef

(1) Arch. nat., F '^ 882.

(2) Gilbert. Mémoire sur les réparations de Saint- Germain des Prés, dans la Revue archéologique, 1854, p. 536.

(3) Arch. nat., F ^^ 1134.

(4) Arch. nat., F " 882.

(5) Arch. nat., F " 586, dossier n° 2.

(6) Gilbert. Mémoire sur les réparations de Saint- Germain des Prés, dans la Revue archéologique, 1854, p. 540.

peinte de 1856 à 1861 (1). Mal éclairées et noircies par la poussière, ces fresques d'un si doux coloris et d'une très grande valeur artistique auraient été mieux placées dans une église moins obscure, mais ce qui fut désastreux c'est, l'ornementation dessinée par Denuel et jugée nécessaire pour les encadrer. Etoiles d'or sur voûtes d'azur, dorure des chapiteaux neufs de la nef et des chapiteaux romans du sanctuaire, peinturlurage des colonnes et des murs, rien ne fut épargné pour dénaturer les lignes de l'architecture. Seul le déambulatoire et ses chapelles échappèrent au pinceau des décorateurs.

Au milieu de cette période, Baltard avait fait sculpter de nouveaux chapiteaux dans la nef et les collatéraux, déplorables pastiches de ceux du xi^ siècle, comme le prouvent les originaux déposés au musée de Cluny. Il dessina les stalles, tandis que Lassus faisait entourer l'abside d'une clôture de bois (2). Gérente exécuta les vitraux du chevet d'après les cartons de Flandrin. De 1848 à 1853, Baltard restaura le dernier étage de la tour occidentale raboté par Godde (3). Il déboucha les baies, mais il eut tort de refaire les colonnes, les chapiteaux, les archivoltes et le parement extérieur, sans laisser aucun témoin de l'œuvre du xii® siècle. Les réparations faites à l'église dans la seconde moitié du xix® siècle par le service des Monuments historiques ne furent que des travaux d'entretien sans aucun intérêt archéologique.

( 1 ) Articles de G. Planche dans la Revue des Deux Mondes, 1 «r juillet 1846 ; de Th. Gautier dans le Moniteur, 2 décembre 1861 ; de E. Vinet, dansldi Revue nationale, 2b décembre 1861. — F. A. Gruyer. Peintures murales de la nef de Saint- Germain des Prés, IS62, in-8°, — A. Galimard. Peintures murales de Saint-Germain des Prés, 1864, in-S".

(2) Gilbert. Mémoire sur les réparations de Saint- Germain des Prés dans la Revue archéologique, ,lëb4, p. 540.

(3) Ibid, p. 537.

Description de l'église.

Aucune fouille n'ayant été faite dans la nef et le transept, il est impossible de donner aucune indication sur le plan de la basilique mérovingienne. Néanmoins^ le fragment de chapiteau corinthien en marbre blanc, décoré d'une petite croix, qui fut trouvé dans là nef en 1794 (1), la découverte de tombeaux de Childéric II, de la reine Bilihilde et de leur jeune fils Dagobert dans le chœur actuel, en 1656, au pied de la tour du nord, et celle de plusieurs sarcophages mérovingiens ornés de croix pattées

Hémicycle découvert en 1876.

dans le bas-côté sud en 1853 suffisent à prouver que l'église du vi^ siècle occupait le même emplacement. En 1876, les travaux de terrassement du square mirent au jour les fondations d'un hémicycle large de 6°^30 à Tintérieur, entre les deux contreforts méridionaux du croisillon sud. M. Vacquer qui avait noté cette découverte suppose qu*un autre hémicycle devait exister au nord

(1) Lenoir, Statistique monumentale de Paris, p. 70 et album, t. I, pi. 1.

E. Lefèvre-Pontalis, rest.

Plan de l'église au XI» siècle.

E. Chauliat, del.

Plan actuel de Péglise.

du transept et que le plan primitif de la basilique ressemblait à celui de Téglise de Germigny-des-Prés (1), mais c*est bien invraisemblable. Cette petite abside faisait peut-être partie de la chapelle primitive de Saint- Symphorien où saint Germain fut enterré en 576.

Le plan de l'édifice du xi^ siècle^ facile à reconstituer^ offrait la plus grande analogie avec celui de l'église abbatiale de Morienval (2). La nef^ précédée d'un porche et flanquée de deux bas-côtés^ communiquait avec un largetransept qui renfermait dans chaque bras deux absidiolesde profondeur inégale. L'abside s'élevait entre deux tours , car l'étage inférieur de celle du nord fut conservépar l'architecte du xii® siècle qui rebâtit le sanctuaireflanqué de quatre chapelles latérales et de cinq chapelles rayonnantes, comme à la cathédrale de Noyon. L'axe de^ la nef ne coïncide ni avec celui du chevet qui dévie versle sud-est, ni avec celui du porche.

Nef. — La nef de cinq travées qui remonte dans son ensemble au premier quart du xi^ siècle vint se coller contre le clocher-porche plus archaïque bâti par l'abbé- Morard avant 1014^ mais elle a subi tant de remaniements au XVII® et au xix® siècle que les témoins de ses dispositions primitives sont presque tous invisibles. Dom Bouillart nous apprend que le 6 avril 1644 on commença une série de travaux qui durèrent deux ans pour construire desvoûtes sur la nef et refaire la charpente qui fut recouverte d'ardoises. C'est donc à cette époque qu'il faut attribuer les six voûtes d'ogives ornées d'une arête entre deux tores comme les doubleaux en tiers-point qui surmontent le vaisseau central. Leur profil identique à celui des nervures du chevet ne ressemble pas à ceux des voûtes qui furent

(1) Bibl. hist. de la ville de Paris, fonds Vacquer, dossier 19,. p. 42,55, 93 et 94.

(2) Lefèvre-Pontalis (E.)- Le plan primitif de Véglise de Morienval^. dans le Bulletin Monumental, t. LXXII, 1908, p. 477.

-également lancées au xvii^ siècle sur Ja nef romane de Morienval, mais le stvle médiocre des clefs de voûtes, la retombée non prévue des ogives, des doubleaux et des formerets toriques sur un gros chapiteau moderne garni vde feuilles d'acanthe suffiraient à prouver que les voûtes ne furent pas ajoutées au xii® siècle.

Au XI® siècle, la nef était recouverte d'un plafond de Lois formé de planches de chêne qui mesuraient 3 m. 44 de longueur sur 0 m. 42 de largeur et dont quelques-unes furent utilisées comme pannes dans la charpente du xvii® ;siècle. En examinant les encoches visibles sur dix entraits

H. D en eux, rest.

réemployés, M. Deneux est parvenu à reconstituer la charpente primitive qui se composait d'une série de fermes i:rès rapprochées dont les bois mesuraient 0,33 sur 0,21. Les traces de peinture sur les pannes qui alternent avec le bois nu correspondant aux entraits permettent d'évaluer leur espacement à 0,60. La forme primitive de cette charpente, la plus ancienne de la France et du type de celle de Saint-Pierre de Montmartre, se déduit de témoins encore intacts. Le poinçon était flanqué de six contre-fiches qui

venaient s'assembler à mi-bois et à queue d'aronde dans les arbalétriers reliés par un entrait retroussé et inclinés à 45 degrés^ comme l'indiquent les traces des solins sur la face orientale du clocher-porche et sur le pignon du XII® siècle qui correspond à l'entrée du chœur. La char» pente beaucoup plus haute du chevet^ montée en 1163^ venait s'adosser à ce pignon percé de deuxbarbacanes d'aération qui dominait le toit de tuiles de la nef. En 1644, le charpentier Philippe Pelletier réemploya une grande partie des bois du xi® siècle^ sauf les chevrons : leur faible longueur et leurs assemblages permettent de les reconnaître.

Il serait difficile de rétablir l'élévation de la nef dans son état primitif si les mêmes dispositions ne se retrouvaient dans le vaisseau central de l'église de Morienval où les témoins sont mieux conservés et dont les murs ne sont pas recouverts de peintures. En efîet, les piles de Saint-Germain des Prés se composent également d'un massif carré flanqué de quatre colonnes de 0^55. La colonne engagée vis-à-vis^ de la nef montait jusqu'au sommet du mur, comme au Mont-Saint-Michel, à Montivilliers et dans plusieurs églises normandes^ à Morienval et à Lillers (Pas-de-Calais). Si elle avait porté un arc-diaphragme, comme à Saint-Georges de Boscherville et à Cerisy-la-Forêt, l'architecte du xvii^ siècle aurait utilisé les chapiteaux romans au lieu de faire sculpter des chapiteaux composites sous la retombée des voûtes, suivant le témoignage de Dom Bouillart. En pénétrant sous le comble, on ne retrouve plus trace des colonnes montantes^ tandis qu'à Morienval l'un des demi-fûts est amorti par un cône. A Saint-Germain des Prés^ les maçons du XVII® siècle ont remanié le sommet des murs goutterots.

Les grandes arcades modernes^ flanquées de deux boudins, décrivent une courbe en plein cintre légèrement outrepasse, mais au xi® siècle, elles se composaient de deux rouleaux nus : un cordon torique moderne passe sous les fenêtres en plein cintre. La première travée dont les chapi-

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