‹ L'église du Canada après la conquêteChapitre 102 sur 220 · Cité dans Les Evêques de Québec, p · texte numérisé non relu

Cité dans Les Evêques de Québec, p

Tout cela dit assez, sans que l'on soit obligé de recourir aux conjectures, combien durent être agréables à Mme Briand les jours que son aimable fils passa à la maison paternelle. Hélas! le sacrifice n'en fut que plus grand lorsqu'arriva l'heure du départ, et qu'il fallut se séparer, cette fois pour toujours :

"La tristesse, écrit Catherine, suivit de près la joie, par le second sacrifice qu'il nous fallut faire de lui le 23 janvier 1766, jour anniversaire de son baptême, qu'il sortit de Saint- Brieuc pour se rendre à Paris pour y être sacré le 16 mars, jour anniversaire de sa première messe. . . "

Il est évident, d'après ces quelques lignes, que la famille alla le reconduire à Saint-Brieuc, et que ce fut là que s'accomplit la séparation définitive.

Mais avant de quitter sa mère, M. Briand voulut lui laisser un gage splendide et permanent de son affection. Le voyageur qui visite aujourd'hui Plérin, et s'informe du lieu exact de naissance du septième évêque de Québec, se voit conduire à une grande maison en pierre, au hameau Saint- Eloi : au-dessus de la porte d'entrée sont gravés ces mots : " Jean-Oeivier Briand, Evêque de Québec, 1766. " Ce n'est donc pas dans cette maison qu'est né Mgr Briand : c'est dans l'humble chaumière — le mot est ici littéralement exact — qui est tout à côté, et couverte en chaume, comme un si grand nombre de maisons en Bretagne, que nous avons vues nousmême, et sur lesquelles nous nous sommes plus d'une fois apitoyé. La maison en pierre a été construite sur l'ordre et aux frais de M87 Briand pour sa mère, à l'occasion de sa visite à Plérin en 1766. Elle n'en jouit pas longtemps, puisqu'elle mourut en 1768 ; mais la maison reste comme un monument impérissable de l'amour filial de son pieux fils.

L'Evêque élu de Québec dut se hâter de quitter Saint-Brieuc pour Paris, où ses amis le pressaient de se rendre. L'on attendait ses bulles de jour en jour — elles sont en effet du 21 janvier; — il fallait se hâter pour se préparer à sa consécration. Nous ne croyons pas même qu'il ait pu arrêter à Rennes pour rendre visite aux sœurs de Msr de Pontbriand : du moins il n'y fait aucune allusion dans la lettre qu'il leur écrivit peu de temps après son arrivée à Québec.

Il était certainement à Paris le 1 1 février, car il faisait ce jour-là sa Profession de foi entre les mains du Nonce; et c'est aussi ce jour-là que l'abbé de l'Ile-Dieu, M. de LaCorne, M. Jacrau et M. de Villars signaient en faveur de M51- Briand les Informations canoniques voulues, " en présence de Son Excellence Mgr l'archevêque de Colosse, nonce de Sa Sainteté en France 13 :

" Certifions, disaient-ils, que sa vie et conduite ont été également régulières et édifiantes, ses mœurs irréprochables, sa doctrine pure et saine, sa catholicité sans aucun reproche, ni même aucun soupçon qui ait pu lui donner la moindre atteinte, que sa soumission à l'Eglise et à toutes ses saintes décisions a toujours été marquée et prouvée par son attachement au Saint-Siège comme au Centre de l'Unité 14. . ."

Les Bulles, en date du 21 janvier 1766, huitième année du pontificat de Clément XIII, étaient arrivées à Paris, et portaient la suscription suivante :

" Dilccto Filio J.-OHvario Briand, presbytero sœcidari, Elccto Quebecenci. "

Elles étaient accordées Capitulo, Clcro ac populo Civitatis

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