Archiv. du Sém. de Québec
fuïwra successione : le Saint-Siège était prêt à le lui accorder : il n'aurait qu'à envoyer au Nonce de Paris le nom de celui qu'il voudrait bien choisir, avec toutes les informations canoniques voulues, et les bulles seraient accordées.
Une des plus grandes consolations humaines que reçut M. Briand durant son séjour à Paris, ce fut de recevoir de Londres au Séminaire même des Missions-Etrangères, rue du Bac, deux lettres de ses amis Mills et Cramahé. Elles étaient datées du 19 février, et lui étaient apportées par un autre Anglais, de ses amis, M. Campbell. Toujours fidèle à son caractère ouvert, noble et généreux, M. Briand n'avait pas voulu leur faire mystère de son voyage à Paris, et leur avait écrit aussitôt après son arrivée. Mills et Cramahé lui répondaient — en français — que rien n'avait transpiré à Londres au sujet de son voyage :
" Ils ont bien autre chose à faire qu'à vous inquiéter, lui écrivait Mills: les affaires d'Amérique mettent ici tout en confusion. . . Mon avis sincère, ajoutait-il, est que vous vous fassiez sacrer le plus tôt possible, puis de vous hâter de revenir à Londres, afin de repartir aussi le plus tôt possible pour le Canada. . . Je réponds, sur mon honneur, ajoutait-il encore, que le Roi et le ministre vous accorderont tout ce que vous demanderez pour le Canada, car je suis bien sûr que vous ne demanderez rien que de raisonnable ; vous serez heureux, et tous vos Canadiens, pour ce qui regarde la religion 21. "
Le sacre de M51- Briand eut lieu, comme il avait été réglé, dans l'oratoire du Château de Suresnes 22, le 16 mars, di-