‹ L'église du Canada après la conquêteChapitre 111 sur 220 · DIFFICULTÉS AU SUJET DE LA CATHÉDRALE · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS AU SUJET DE LA CATHÉDRALE

Nous venons de voir avec quelle joie M^ Briand fut accueilli, à son retour d'Europe, par les citoyens de sa ville épiscopale. Cette joie ne s'exprime pas seulement par de vaines manifestations extérieures, mais par des actes de religion: c'est le jour de la Saint-Pierre; les confessionnaux sont assiégés ; il y a beaucoup de communions : nous devons ce détail à M. Jacrau: "c'est le jour, dit-il, du commencement de travail de M. Briand " : évidemment, les fidèles en grand nombre ont voulu communier de sa main. Il en est heureux, la piété de ses diocésains " lui fait répandre des larmes de joie ".

Les Anglais, encore peu nombreux à Québec, prennent part, à leur manière, à la joie de leurs compatriotes : encore un détail qui nous vient de M. Jacrau: "ils savent le bon accueil qu'a reçu à Londres M. Briand " : ils voient de quel côté souffle le vent: Carleton arrive, qui sera encore plus sympathique à l'Evêque que Murray. Ils ne tarissent pas en félicitations et marques de respect.

Les sauvages eux-mêmes viennent en députations au séminaire. Le soleil était couché depuis longtemps sous l'horizon : le voilà qui brille de nouveau à leurs regards : ils sont heureux ; ils ne se possèdent pas de joie.

Du clergé paroissial, il n'est fait mention nulle part. Sans doute, il ne pouvait savoir le jour précis que M81" Briand arriverait à Québec : l'eût-il su, c'était un dimanche, les curés

ne pouvaient facilement venir à la ville ce jour-là. Mais M. Perreault nous assure qu'il n'eut rien de plus pressé, aussitôt après l'arrivée de l'Evêque, que d'en informer " tous messieurs les curés * ". Il n'est pourtant fait mention nulle part de leur empressement à venir lui rendre leurs hommages. Ils attendent peut-être la cérémonie de la prise de possession du siège épiscopal. Or, qui sont ceux qui assistaient à cette prise de possession et en signèrent l'acte? Leurs noms sont connus; nous les avons mentionnés au chapitre précédent, tels qu'ils se trouvent dans le registre du Chapitre : les quatre chanoines présents à Québec ; quatre prêtres directeurs du séminaire; trois Jésuites de la maison de Québec; M. Montgolfier, descendu exprès de. Montréal; un prêtre français, M. Mennard, récemment arrivé au pays ; et enfin six marguilliers de Québec. Parmi les signataires de l'acte, pas un récollet, pas un curé du diocèse; pas même le nom du curé de Québec, M. Récher, l'un des prêtres directeurs du séminaire. Il assistait à la cérémonie; mais M51- Taschereau, l'auteur de l'histoire manuscrite du séminaire, nous apprend " qu'il ne voulut pas signer l'acte de prise de possession épiscopale, quoique faite dans la Chapelle du Séminaire, parce que cet acte disait que la Cathédrale était alors incendiée 2 ". Pour M. Récher, l'église incendiée de Notre-Dame de Québec, que l'on avait toujours regardée comme cathédrale, qui avait été élevée à cette dignité par le Saint-Siège lors de l'érection de l'Evêché de Québec, qui avait été rebâtie comme telle par M51" de Pontbriand avec les aumônes non seulement de la ville, mais du diocèse tout entier, cette église n'était pas cathédrale, c'était l'église paroissiale, ou tout au plus " l'église paroissiale servant de cathédrale". Quelle singulière mentalité!

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