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L'Eglise du Canada sous Mgr de Pontbriand, p

28. Archives du Canada, Haldimand Papers, Série B., vol. 22, p. 9, lettre du 15 avril 1764.

Il écrivait cela en 1 764. Le traité entre la France et l'Angleterre était alors signé, et Haldimand donnait cours aux sentiments de sa nature aigre et capricieuse. Sa boutade était d'ailleurs sans conséquence : il était sur le point de partir pour le gouvernement de la Floride 29.

Le grand vicaire Perreault, des Trois-Rivières, eut un jour à se plaindre de M. Burton, qui avait affiché un Placard, où il y avait quelque chose de blessant pour la religion. Il n'eut qu'à lui écrire, et le placard fut modifié :

" Rien de plus judicieux et de mieux raisonné que votre lettre à M. Burton, lui écrit M. Briand : elle a eu son effet, et elle le devait avoir. "

Puis il ajoute : " M. Murray ne m'a point donné cette peine. Je n'ai pas eu connaissance qu'il ait inséré ces paroles injurieuses à la seule vraie religion de Jésus-Christ, que nous professons 30. "

Les Rapports de Murray, Gage et Burton à la Cour de Londres sont remplis de paroles obligeantes pour les Canadiens :

" Je puis vous assurer, écrit Gage à Amherst,que tout le temps de mon administration à Montréal, j'ai eu la plus grande attention à ce que les Canadiens fussent traités suivant les intentions bienveillantes de Sa Majesté. Nul dommage à leurs propriétés, nulle insulte à leurs personnes ne sont restés sans punition. Tout reproche sur leur état de

29. Haldimand était encouragé à décharger sa bile contre le clergé, par ce qui se passait en France, comme on peut le voir par la réponse que lui fait Gage le 25 juin suivant:

" D'après tous les rapports qui nous arrivent, les affaires religieuses se compliquent, et nous sommes à la veille de quelque changement. Les Parlements commencent à se mêler de ces affaires délicates. Celui de Paris vient de passer un acte contre l'archevêque de cette ville et un autre évêque, à l'occasion de lettres pastorales. L'archevêque a été obligé de s'éloigner de Paris, et tous les évêques qui y étaient ont eu ordre de retourner dans leurs diocèses. Mauvais présages pour le Canada." (Ibid., p. 30).

30. Archiv. de l'Ev. de Q., Reg. III des Lettres, lettre de 1762.

pays conquis par nos armes, toute allusion blessante à leur religion a été sévèrement interdite. Aucune distinction entre Anglais et Canadiens : tous ont été traités comme les sujets du même Prince. Les soldats vivent en bons termes avec les habitants : il y a entre eux estime et affection réciproque 31. "

" Les Canadiens, les paysans surtout, écrit Burton, semblent très heureux du changement de régime. Ils sont protégés dans l'exercice de leur religion. Ils commencent à goûter les bienfaits d'un gouvernement doux et indulgent, qui fait le bonheur de tous les sujets de l'Empire 32. "

Le Rapport de Murray est très long, très détaillé, même pour les choses de notre Eglise, rédigé avec soin, avec exactitude, et dans un esprit généralement favorable aux Canadiens :

" C'est une race forte et saine, dit-il, vivant avec simplicité, de mœurs vertueuses, et d'une grande sobriété 33. "

" Murray, écrit un de nos historiens, avait un caractère bouillant, singulièrement partagé entre la rudesse et la douceur. Il savait racheter ses emportements par des actes généreux. Sous une apparence sévère, il cachait un cœur sensible et plein de bonté.

" Après les avoir traités haut la main, après les avoir traqués comme des bêtes fauves, après avoir fait brûler leurs demeures, il se prit à aimer ces Canadiens, dociles à l'autorité, qu'il voyait aussi simples dans leurs mœurs qu'il les avait trouvés braves sur les champs de bataille. Qui sait? Le sort de ce peuple agreste et militaire le faisait peut-être souvenir de son pays, des malheurs de ces belliqueux montagnards Ecossais, si fidèles à leurs anciens princes.

" On vit Murray, pendant le terrible hiver de 1 760, par-

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