‹ L'église du Canada après la conquêteChapitre 14 sur 220 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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tager la ration de ses soldats avec les malheureux habitants que la guerre avait réduits à la dernière extrémité. On raconte de lui plusieurs traits du même genre. C'est ainsi qu'il fit reconstruire à ses frais le presbytère du curé de Saint-Laurent, M. Martel, qui avait eu l'art de lui plaire. Il donna une cloche à l'église du Château-Richer, dont les habitants avaient beaucoup souffert pendant le siège. . . Appelé à gouverner dans les circonstances les plus difficiles, Murray finit par s'attirer l'estime et les sympathies des vaincus 34. . ."

En traitant avec humanité les Canadiens, nos gouverneurs ne faisaient que suivre les instructions du Roi de la Grande- Bretagne, à cette époque. Le secrétaire d'Etat, Egremont, écrit à Amherst :

" Sa Majesté remarque avec plaisir la douceur et la bénignité avec lesquelles vous offrez également et sans partialité sa protection royale à tous ses sujets. Les ordres que vous donnez aux Troupes de vivre en bonne intelligence avec les Canadiens méritent l'approbation dont je suis chargé de vous faire part. Le bon plaisir du Roi est que vous rappeliez de nouveau aux gouverneurs 35 les voies de douceur et de conciliation qui font partie des instructions que vous leur avez données, et que vous leur recommandiez expressément de se servir des moyens les plus efficaces pour que les Canadiens soient traités avec douceur et avec humanité. . . Avertissez-les de donner des ordres très précis pour empêcher qu'aucun soldat, matelot ou autre n'insulte les habitants français, défendant à qui que ce soit de les offenser en leur rappelant d'une façon peu généreuse cette infériorité à laquelle le sort des armes les a réduits, ou en faisant des remarques insultantes sur leur langage, leurs habillements,

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